Zone Himalaya... le Népal au rythme des pas

   

 

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Je grignote dans le lunch que Jangbu m'a remis ce matin avant de partir… parce qu’il le faut. Après un temps de repos qui m'a semblé bien court, nous nous mettons en route. Une mince trace dans la neige s’étire sur le col. Nous longeons une petite cascade de glace et amorçons la descente dans une pente très raide encombrée de grosses roches à travers lesquelles le sentier se perd.

La communication

Là où la pente s'adoucit, quelques porteurs se sont arrêtés pour une courte pause. Ils ont appuyé leur charge sur leur bâton de marche. Je m'arrête aussi et profite de l'occasion pour offrir à chacun une ration de mon mélange énergétique composé de noix, d'arachides, de raisins, de bananes et de pommes séchées. Ils en raffolent. J'essaie de communiquer avec eux en anglais mais ils ne me comprennent pas. L'un d'eux tente de me dire quelque chose que je ne comprends pas non plus. Une autre occasion ratée.

J'aurais tant voulu leur dire combien nous apprécions le travail qu'ils accomplissent pour nous. Sans leur apport, notre trekking dans ces montagnes de rêve n'aurait pas été possible. Comment leur témoigner ma gratitude, là, maintenant ? Je leur offre mon sac d'aliments énergétiques qu'ils pourront partager durant leurs prochaines pauses. De toute évidence, ils apprécient le geste. Après quelques instants, les porteurs me saluent en souriant et repartent à petits pas. Les regardant s'éloigner, je n’arrive toujours pas à comprendre comment ils arrivent à marcher aussi longtemps, sur des sentiers aussi accidentés, avec des charges aussi monstrueuses accrochées à leurs dos.

Le jour le plus long

Le groupe s'est éparpillé. Je descends sur une pente plus aisée, scrutant l'horizon pour apercevoir le hameau où le camp est installé. Point de hameau, point de camp. Seulement un sentier qui s'étire loin en avant. J’avance par réflexe en me traînant les pieds. Étourdi de fatigue, je m’enfarge dans le moindre obstacle. Je ne vois toujours rien. Je marche encore et encore. Je n’en peux plus. Qu’est-ce que je suis venu faire ici ? Loin de tout. Loin de tous. Pourquoi faut-il se donner tant de misère ? Je voudrais une réponse, mais n’en trouve pas. The longest day in my life. C’est tout ce qui me vient à l’esprit. Doux Jésus, on arrive-tu ? NON !!! Mais Bon Dieu, qu'ai-je fait, qu'ai-je dit pour mériter celà ? Pourquoi cette traversée du désert ?

J'aperçois quelques coéquipiers minuscules cheminant loin en avant. Bifurquant à l'est, je les vois se diriger vers une colline. Non mais, ça va bientôt finir ce cirque ? J’en ai assez. Encore cette montée à faire alors que, pataugeant dans un large ruisseau, je n'arrive même plus à étirer le pas suffisamment pour éviter la flotte. Qu’y a-t-il derrière cette colline ? La côte se rapproche. Je m'y engage à mon tour. Des coéquipiers m'ont rejoint. Nous nous arrêtons fréquemment. Personne n’est loquace. Nous scrutons le paysage. Il y a quelque chose là-bas. Ce ne peut-être que Dzonglha, il n'y a rien d'autre par ici. La kharka est à peine visible tellement elle est loin. Comme j’avais besoin de la voir cette kharka minuscule perdue au milieu de ce désert de terre et de pierres monstrueusement beau, malgré tout !

Vite un nid

Les tentes sont montées mais vides. Les porteurs n’étant pas encore arrivés, nous n’avons ni matelas, ni effets personnels. Je suis exténué. Je tiens à peine debout. J’ai l’air bête ! Il faut que, toute affaire cessante, je dorme un peu. Je cherche un nid. Un vieux matelas de sol, appartenant sans doute à un Sherpa, traîne par là, à côté d’un gros tas de bouses de yaks. Voilà que la Providence se manifeste enfin ! Je m’y étends.

Entendant des rires soutenus, j’ouvre les yeux et constate que plusieurs de mes coéquipiers se paient du bon temps à mes dépends. La scène est cocasse. Je ris un bon coup. Le petit roupillon m’a fait du bien. Les bagages sont arrivés et je me dépêche à faire mon lit. Dès le coucher du soleil, nous allons nous réfugier dans la maison-lodge pour nous réchauffer en attendant le dîner. À 19h30, je suis emmitouflé dans mon duvet et content d’y être. Ce soir, mon sac momie, je l’adore. C’est ma bulle, ma coquille, ma carapace, ma maison. Rien au monde ne me fera sortir de là cette nuit. J’aime cette extrême fatigue musculaire qui me tient compagnie. Et puis aujourd’hui, c’était si beau, si grand, si blanc, si…. zzzzz !

 

 

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Descente du col

On amorce la descente sur la face est du col en longeant la muraille rocheuse sur la droite pour éviter la cascade de glace. La pente, d'abord très abrupte et accidentée, s'adoucit tandis que le paysage s'élargit. On distingue désormais très bien le sentier qui conduit à un replat au fond d'une vallée que l'on emprunte pour se diriger ensuite sur Dzonglha.

Kharka de Dzonglha

Il y a deux lodges à Dzonglha. D'aspect rudimentaire, ils semblent perdus sur un petit replat au coeur d'un paysage vaste et sauvage dominé par l'Ama Dablam. On peut établir le campement à proximité des lodges.

Dzonglha
Camp à Dzonglha

Les infatiguables, peuvent poursuivre la route et rejoindre Thuklha (Dughla) ou Lobuche pour y passer la nuit. Il faut prévoir entre deux et trois heures à pas rapides pour se rendre à Lobuche. Il n'est pas recommandé de poursuivre la marche si l'on ne dispose pas du temps nécessaire pour arriver à destination avant la noirceur car la piste est très accidentée par endroit.

Porteur au repos !

Pour se reposer, les porteurs appuient leur charge sur leur bâton de marche en forme de « T ». La déposer par terre et surtout la soulever à chaque arrêt exige trop d'effort.


Porteur faisant la pause

Traversée du Cho La

Étape 2 : Cho La - Dzonglha

Cho La
5 420 mètres
Dzonglha
4 830 mètres

Infos
Durée : environ 4 heures
Gain d'altitude : - 590 mètres

Gîte et repas : Dzonglha

      Carte-itinéraire Carte

 


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