
Tenzing Norgay
Né à Moyey
au Tibet, ayant grandi au Népal et vivant à Darjeeling
en Inde, Tenzing Norgay (1914-1986) commença
tôt à accompagner les expéditions
alpines sur l'Everest. D'abord comme porteur
dès l'âge de 13 ans, puis comme
sirdar responsable des équipes locales
accompagnant les expéditions et enfin,
comme alpiniste.
Analphabète
mais polyglotte
Il fut parmi les premiers Sherpas à s'intéresser à l'alpinisme.
Il parlait sept langues mais ne savait ni lire, ni écrire.
Après son exploit, il parvint néanmoins à écrire
quelques livres à l'aide de la dictée. Dans son autobiographie Tiger
of the Snow, Tenzing Norgay décrit ce qu'il a ressenti
au sommet de l'Everest... « At that great moment for which
I had waited all my life, my mountain did not seem to me a lifeless
thing of rock and ice, but warm and friendly and living. »
Ambassadeur du
peuple sherpa
Le
succès de Tenzing Norgay fit l'objet
d'une controverse politique, le Népal
insistant sur le succès d'un Népalais
et l'Inde considérant Tenzing comme
un citoyen indien. Tenzing, en bon diplomate,
disait qu'il était
les deux : Népalais puisqu'ayant
grandi au Népal et indien parce que
résidant à Darjeeling.
Tenzing devint le symbole de la force, de la
détermination, de la loyauté et
de la contribution significative du peuple
sherpa à l'himalayisme.
Il fut nommé directeur de la formation à l'Himalayan
Mountaineering Institute à Darjeeling
et devint en quelque sorte un ambassadeur du
peuple sherpa.
« Je l'ai
déjà fait pour toi »
À son
fils Jamling, qui lui faisait part de son désir
de se rendre au sommet de l'Everest, Tenzing
rétorquait : « Pourquoi
veux-tu escalader l'Everest ? Je l'ai déjà fait
pour toi ». Plus que tout, explique
Jamling dans un livre récent, son père
voulait que ses enfants puissent bénéficier
de la meilleure éducation possible. Rien
ne devait les en distraire. Constatant aujourd'hui
la relative aisance dans laquelle vivent les
membres de sa famille, Jamling reconnaît
que son père n'avait pas tort. En 1996,
dix ans après la mort de son père
et pour honorer sa mémoire, Jamling concrétisa
néanmoins son rêve en grimpant au
sommet de l'Everest.