Les
montagnes constituent d'immenses réservoirs d'eau douce.
Fleuves et rivières y prennent leurs sources. L'Himalaya ne
fait pas exception. Cependant, l'Himalaya est tellement vaste et
les conditions climatiques qui l'affectent
tellement variées
que malgré les
nombreux cours d'eau qui le sillonnent, l'eau
y est à la
fois rare et abondante.
En effet, la chaîne principale sérige en une énorme
barrière climatique en interceptant les vents humides de mousson
qui proviennent du golfe du Bengale. Cette humidité se dépose
sous forme de précipitations sur les versants sud de la chaîne
tandis que les pentes nord, balayées par les vents secs provenant
d'Asie centrale et du Tibet, sont arides ou semi-arides. Ainsi, le
Sikkim, le Bhoutan et une grande partie du Népal, accrochés
au flanc sud de l'Himalaya, sont humides tandis que le Ladakh et
le Tibet, situés sur le versant nord, sont arides.
Abondance et pénurie

Zone humide propice aux cultures étagées
et zone désertique
illustrant la diversité des conditions climatiques
de l'Himalaya
Tout
au long de la chaîne, le versant sud, plus humide, est plus
densément
peuplé que le versant nord. Au
début de l'année, les nuages se
forment lentement au-dessus du golfe du Bengale. Poussés par
les vents, ils envahissent le sous-continent indien dès le
début de juin et gagnent la chaîne himalayenne, déversant
sur leur passage, d'énormes quantités de pluies. Commence
alors une période de travail intensif pour les habitants du
Terai et du Moyen Himalaya qui doivent réparer les terrasses
endomagées par les fortes pluies et préparer les cultures.
Il
pleut ainsi jusqu'à la fin de septembre.
Les vallées s'habillent de toute la gamme des teintes de
vert pendant que poussent le riz, les céréales et
les légumes.
Cependant,
les rivières gonflent et débordent souvent de leur
lit causant de gigantesques innondations. Dans les Moyennes montagnes,
les glissements de terrain sont fréquents. Les pluies parfois
trop abondantes font céder
certains obstacles naturels, libérant des vagues de
boue qui déferlent
sur les villages emportant presque tout sur leur passage :
maisons, ponts, sentiers, animaux domestiques et villageois. L'eau... à la
fois gage de vie et cause de destruction.

Zones arides
La
face tibétaine de l'Himalaya (versant nord) se trouve
pour la majeure partie au-delà de la limite des cultures.
C'est une zone froide puisque son altitude moyenne est de 4 500 mètres.
Malgré la présence de nombreux lacs sur le haut plateau
tibétain,
la région au nord de la vallée du Yarlung
Tsangpo, le Changtang, est une zone aride habitée par des populations
dispersées vivant de l'élevage.
Certaines régions du haut plateau tibétain constituent de véritables
déserts
d'altitude.
Désert
d'altitude au Tibet