Machines à prier
Les
populations bouddhistes considèrent
la vie comme la somme de leurs bonnes et mauvaises actions. La
récitation de prières et d'invocations revêt
une importance capitale pour elles parce qu'elle s'inscrit positivement
dans leur karma. Un karma positif méritera au croyant une
vie meilleure dans une prochaine incarnation. Aussi, non seulement
les bouddhistes prient-ils à tout moment du jour mais ils
ont bâti des « machines » à prier,
des objets qu'il suffit d'actionner afin que les prières et invocations
qu'ils contiennent soient transmises
aux dieux.
Le
dispositif le plus ingénieux est le moulin à prières.
Le modèle portable
est
constitué d'un cylindre fixé à
un manche que l'on fait tourner dans le sens des aiguilles d'une montre.
Les prières
sont gravées
sur du papier
inséré à l'intérieur du cylindre ou sur la face
extérieure du cylindre. Chaque tour
du cylindre constitue une prière pour celui qui l'actionne. D'autres
moulins sont nichés en rangées dans les murs d'enceinte
des temples. Il suffit d'allonger le bras en passant pour les faire tourner.
D'autres encore, beaucoup plus
gros,
ont été construits près des torrents et sont actionnés
par l'eau.
Moulins à prières
Déposer une
pierre plate gravée d'invocations
sacrées sur
un mur mani
construit
au milieu d'un sentier constitue une prière. Longer ce mur par la gauche équivaut à réciter
chacune des invocations inscrites sur chacune des pierres entassées
sur le muret. Non seulement le passant améliore-t-il son karma en longeant
le mur mani mais tous ceux qui y ont déposé des pierres
bénéficieront également des prières ainsi récitées machinalement.

La nourriture du culte
La
nourriture occupe une place très importante
dans les rites hindous. Tôt le matin, les Népalaises
se rendent aux temples. Elles ont déposé dans leurs
plateaux d'offrandes pétales de fleurs, grains de riz,
eau, morceaux de gâteau, et de fruits qu'elles offriront à leurs
dieux. Lors de la cérémonie
du prasad,
des prêtres, assis en tailleur,
bénissent
les fleurs et les coupelles d'aliments déposées à même
le sol devant lui
par les fidèles.
La nourriture est ensuite partagée
entre les fidèles tandis que les fleurs sont écrasées
pour en faire une pâte qu'elles utilisent pour oindre les
statues des divinités.
La
puja
À l'occasion
des grandes fêtes religieuses,
les bouddhistes préparent les tormas,
petites
figurines fabriquées en beurre de yak qu'ils décorent
minutieusement et déposent sur les autels, à côté des
nombreuses lampes à beurre, ces petites coupelles remplies
de beurre de yak que l'on allume pour honorer les dieux.

Grands pèlerinages
Les grands pèlerinages sont pratiques fréquentes
en Himalaya. Des familles entières, tant hindouistes que
bouddhistes marchent pendant des jours sur les sentiers conduisant
aux sources du Gange, fleuve sacré d'entre tous pour les
hindous, au mont Kailash, considéré comme le centre
de l'univers par ces deux religions ou au sanctuaire de Muktinath, également
célèbre pour son temple dédié à Vishnu
et son gompa bouddhiste.

Sadhus et gomchens
Les
sadhus, ces saints hommes itinérants de l'hindouisme,
font des pèlerinages l'essentiel de leur existence,
en abandonnant tout pour errer de lieu saint en lieu saint à la
recherche de l'illumination. Ne possédant rien, ils vivent
des aumônes de la population. Habillés de robes excentriques
aux couleurs voyantes ou presque nus, le corps barbouillé de
cendre, ils cherchent à se détacher des êtres
et des objets de ce monde et pratiquent la méditation pour
atteindre l'illumination. Les gomchens étaient
autrefois les renonçants du bouddhisme.
Ils s'installaient dans des grottes et y vivaient en
ermite pour se
soustraire
aux contacts sociaux
susceptibles de les distraire de leur but : l'atteinte de
l'illumination par la méditation. De nos jours, ils empruntent
plutôt la voie de la communauté monastique.