Zone Himalaya... le Népal au rythme des pas

   


Religions de l'Himalaya

L'hindouisme et le bouddhisme constituent les deux grandes religions de l'Himalaya, l'islam s'étant surtout répandu dans le Karakoram, à l'extrême ouest de la chaîne himalyenne. La forme himalayenne de chacune de ces deux grandes religions témoigne largement de leurs emprunts réciproques.

PadmasambhavaLe bouddhisme tibétain, parfois désigné lamaïsme, et l'hindouisme himalayen partagent en effet de nombreuses croyances : le poids du karma, l'importance du détachement et du renoncement, le cycle des réincarnations et certaines croyances animistes. Sans doute faut-il voir là l'une des raisons expliquant la grande tolérance religieuse que manifestent les unes envers les autres les populations de l'Himalaya. Cette tolérance est manifeste au Népal, notamment dans la vallée de Katmandou où les temples hindouistes côtoient les temples bouddhistes et où, dans un respect de la différence tout à fait exemplaire, les fidèles de l'une et l'autre religion se croisent quotidiennement à l'heure de l'offrande aux dieux.
Padmasambhava, grand maître du bouddhisme

Bouddhisme tibétain

Le bouddhisme tibétain, souvent qualifié de bouddhisme tantrique, postule que les paroles du Bouddha sont aussi contenus dans les tantras, des vieux textes ésotériques hindous.

Tantrisme
L
e tantrisme consiste en une discipline regroupant un ensemble de techniques visant à canaliser l'énergie du pratiquant afin de lui permettre de progresser plus rapidement sur la voie de l'illumination. Les adeptes du tantrisme affirment que certaines techniques donneraient des pouvoirs surnaturels à ceux qui parviennent à les maîtriser. Ce qui faisait dire à Alexandra David Neel, la grande exploratrice française du début du XXème siècle, que la religion des Tibétains s'appuyait sur la magie.

Cultes et rituels
L
e bouddhisme tibétain s'appuie sur de nombreux rituels et objets de culte (vajra, ghanta) et accorde une grande place au mouvement et au son. Ces manifestations tantriques donnent un caractère ésotérique à cette forme du bouddhisme. Elles visent à faciliter chez le pratiquant, la compréhension des notions abstraites du tantrisme et, en conséquence, à favoriser la méditation.

Moines et lamas
L
a signification des textes tantriques ne peut être saisie sans l'assistance d'un grand maître religieux, le lama. Celui-ci jouit d'un grand prestige dans la communauté tibétaine. Il n'est pas nécessairement moine et peut même être marié. Pour progresser dans la pratique du tantrisme, le disciple doit faire appel à un lama qui l'initiera et le guidera tout au long de son apprentissage, tant au plan de l'approfondissement de ses connaissances que dans la maîtrise des techniques tantriques.

Sakyamuni le bouddha historiqueNiveaux d'approfondissement
O
n peut s'étonner des aspects apparemment magiques et supersticieux du bouddhisme tibétain. Cette forme du bouddhisme, comme c'est sans doute le cas de toutes les autres grandes religions, présente différents niveaux d'approfondissement. Les connaissances et les pratiques des moines et des grands lamas, qui étudient pendant quinze à vingt ans la philosophie et les textes sacrés dans les grandes écoles monastiques, diffèrent sans doute de celles des masses populaires qui, avant tout, craignent les mauvais esprits et cherchent à les amadouer.
Sakyamuni, le bouddha historique

Toutefois, tous accordent une place centrale aux rituels dans leur pratique du bouddhisme : le paysan faisant tourner son moulin à prières, le pèlerin contournant un chorten par la gauche à l'entrée d'un village ou accrochant un drapeau à prières au passage d'un col, le moine psalmodiant un mantra sur un ton monocorde pour créer un état propice à la méditation, le lama méditant à l'aide d'un mandala. Par ces rituels, tous cherchent à améliorer leur karma et à progresser sur la voie de l'illumination.

Mandala de sable Photo

Hindouisme himalayen

L'hindouisme himalayen, qui a pris forme au Népal, prend sa source dans l'hindouisme indien. Il s'en distingue toutefois par l'incorporation de pratiques émanant du bouddhisme tibétain. En effet, le bouddhisme tibétain pratiqué par les masses populaires, avec son cortège de croyances animistes, a contribué à colorer d'une manière unique l'hindouisme himalayen.

Cultes et rituels
Ces pratiques consistent le plus souvent à faire appel aux dieux et aux esprits de la nature afin qu'ils intercèdent pour favoriser le bien et éloigner le mal. Plusieurs fêtes au Népal sont rythmées par des rituels dont le but consiste à amadouer les dieux et les esprits afin d'obtenir de bonnes récoltes. Shiva est le dieu le plus populaire de l'hindouisme himalayen. Il est également vénéré sous la forme de Bhaïrab, le dieu terrifiant qui fait fuir les démons. Vishnu y est souvent vénéré sous la forme de Narayan. Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, fils de Shiva et de son épouse Parvati, abolit les obstacles et apporte la bonne fortune.

Hiérarchie religieuse
T
andis qu'au sein du bouddhisme tibétain, les ordres religieux sont nombreux et influents - on dit même qu'avant l'annexion chinoise, un homme sur quatre vivait dans un monastère au Tibet - l'hindouisme, tout en faisant appel à des prêtres, ne comporte aucune hiérarchie religieuse. L'absence d'une telle hiérarchie ne veut pas dire que les prêtres n'assument pas un rôle important au sein de la société. L'hindouisme himalayen, comme l'hindouisme indien, s'appuie sur un système qui hiérarchise la société en castes et définit un ensemble de règles précisant les devoirs religieux et les comportements sociaux de leurs membres. Les prêtres, appartennant à la caste des Brahmanes, la caste la plus « pure », se situent au sommet de l'échelle sociale. Exerçant leurs fonctions sur un plan strictement local, ils officient aux cérémonies religieuses et sont responsables des temples. En dehors des obligations relevant de l'appartenance à la caste et au respect dû à la famille, la pratique de l'hindouisme est « libérale ». Les fidèles honorent les dieux de leur choix et cheminent sur la voie de l'illumination de la façon qui leur convient le mieux.

 

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