Zone Himalaya... le Népal au rythme des pas

 
Rivières et glaciers
   


Partage des eaux

Contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre, l’Himalaya ne constitue pas la ligne de partage des eaux sur toute la longueur de son parcours. Il a ceci de particulier que plusieurs de ses rivières sont plus vieilles que lui. Ce phénomène serait attribuable à l'extrême lenteur du soulèvement de l’Himalaya. De la sorte, les rivières ont continué à couler dans leur lit millénaire, en subissant toutefois un effet d’accélération leur permettant de découper leurs vallées plus rapidement et de creuser des gorges parmi les plus profondes du monde.

Là ou elle existe, la ligne de partage des eaux se situe au nord de la ligne de crête du Grand Himalaya, de sorte que ses rivières irriguent non seulement les pentes sud de la chaîne mais également, en partie du moins, ses pentes nord. À l'ouest, le Karakoram, enserré entre l'Hindu Kush et la chaîne du Ladakh, forme la véritable ligne de partage des eaux en empêchant les rivières d'Asie centrale de se déverser dans le réseau hydrique de l'Indus. À l'est, c'est la chaîne du Kailas qui, empêchant le Brahmapoutre de se déverser plus au nord, constitue la véritable ligne de partage des eaux de l'Himalaya oriental.

Réservoir d'eau

L'Himalaya constitue un réservoir d'eau immense. On estime à plus de 8 500 km³ annuellement, la quantité d'eau déversée par la chaîne himalayenne dans les plaines environnantes ; seulement 10% de cette eau proviendraient de la fonte des glaciers.

Limite des neiges

À cette vaste superficie glaciaire s’ajoutent les précipitations saisonnières de neige qui ne se transforment pas en glace et qui représentent encore davantage que la couverture des glaciers. La limite des neiges, c’est-à-dire l'altitude au-dessus de laquelle les précipitations tombent sous forme de neige quelle que soit la saison, se situe approximativement à 4 500 mètres dans l'Himalaya oriental et 5 200 mètres dans l'Himalaya central et occidental.

Conditions polaires

Cette glace et cette couverture de neige ont un effet refroidissant significatif sur la région himalayenne, dont certaines zones réunissent les conditions caractérisant les régions polaires. C’est sans doute pour cette raison que la région himalayenne, et plus particulièrement le mont Everest, sont désignés Troisième pôle.

Carte de l'Himalaya Carte
 

LHimalaya, on s’en doute bien, est sillonné par un réseau hydrographique très étendu et fort complexe comprenant des centaines de cours d’eau, dont une vingtaine de rivières et de fleuves considérés majeurs, prennent leur source au nord de la chaîne himalayenne principale.

Longs fleuves sinueux

Le Brahmapoutre, l'Indus et le Gange sont d’une importance fondamentale pour les populations himalayennes et celles des plaines plus au sud.

Le Brahmapoutre
Prenant sa source dans la chaîne du Kailas au Tibet, le Brahmapoutre, appelé aussi Yarlung Tsangpo, coule sur une distance de 2 900 km, en enlaçant la chaîne himalayenne dont il trace la frontière nord à l’est, avant de se diriger vers le sud pour se jeter dans le golfe du Bengale (Océan Indien), qui borde le sous-continent indien. Ses principaux affluents sont les rivières Tista, Raidak et Manas.

L'Indus
L'Indus, à l’ouest, dont la source se situe aussi au Tibet, parcourt une distance de 3 040 km. Il coule d'abord vers le nord-ouest, traverse le Cachemire, se faufile entre le Karakoram et l'Himalaya en arrosant l'Inde et le Pakistan et bifurque vers le sud pour se jeter enfin dans la mer d’Oman, à l’ouest du sous-continent indien. Ses principaux affluents sont les rivières Jhelum, Chenab, Rani et Sutlej.

Le Gange
Prenant naissance dans le Garhwal indien, le Gange coule sur une distance de 2 700 km d'abord vers l'ouest, puis vers le sud avant de prendre la direction de l'est pour rejoindre le Brahmapoutre; la majeure partie de son cours se situe cependant au sud de l’Himalaya dans la plaine portant son nom. Les rivières Yamuna, Kali, Karnali, Rapti, Gandaki, Bagmati et Kosi sont rattachées au réseau hydrique du Gange.

Zone de glaciers

Des experts estiment approximativement la couverture glaciaire de l'Himalaya à 33 000 km². Les glaciers himalayens sont concentrés dans le Grand Himalaya et le Karakoram. À l'exception du Dhaula Dar et du Pir Panjal en Himalaya occidental, le Moyen Himalaya en est dépourvu. Les glaciers jouent un rôle très important dans l'écosystème global himalayen puisqu’ils alimentent le cours supérieur des rivières.

Plusieurs d'entre eux atteignent une longueur phénoménale. Dans le Karakoram, le glacier du Siachen s'étend sur une distance de 72 km. Les glaciers du Biafo, du Baltoro et d'Hispar s'étirent sur une soixantaine de km. Dans l'Himalaya, le glacier Gantori, au nord de l’Inde, mesure 32 km de long et constitue l’une des sources du Gange. Le glacier du Khumbu, d'une longueur de 13 km, draine la région de l’Everest. Même s’il n'avance que d’une trentaine de centimètres par jour, comparativement aux deux mètres par jour du Baltoro, sa cascade de glace, au-dessus du célèbre camp de base, n’en demeure pas moins impressionnante alors que les séracs qui s'y forment peuvent atteindre les dimensions d'une maison.

Glissant leur lourde masse dans les vallées qu'ils creusent depuis des millénaires, les glaciers déplacent, chemin faisant, des tonnes de roches. Ce mouvement inlassable des glaciers constitue une cause importante d'érosion. Comme la plupart des glaciers himalayens ont commencé à se retirer, les matériaux qu'ils charriaient se sont déposés, formant des moraines frontales et latérales que l'on rencontre partout dans le paysage himalayen.

 

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