Arrestation d’exilés tibétains au Népal

Les États-Unis se sont déclarés jeudi «profondément préoccupés» par l’arrestation au Népal de trois dirigeants tibétains. Kelsang Chung, Ngawang Sangmo et Tashi Dolma ont été arrêtés sans inculpation, a indiqué Tom Casey, porte-parole du Département d’État. «Nous appelons à leur libération immédiate et inconditionnelle», a-t-il fait savoir par voie de communiqué.

M. Casey a en outre dénoncé les «brutalités infligées à des manifestants pacifiques lors de leur interpellation par la police népalaise», qualifiant ces agissements de «consternants». Alors que le Népal avance sur la voie de la démocratie, Washington presse les autorités du pays de respecter ses obligations internationales en termes de droits de l’Homme.

Un nombre record d’au moins 700 exilés tibétains au Népal auraient été interpellés jeudi alors qu’ils manifestaient, comme presque tous les jours, devant l’ambassade de Chine à Katmandou.

Le Népal reconnaît la souveraineté de Pékin sur le Tibet. En conséquence, sous la pression de la Chine, Katmandou a durci sa position à l’égard de ses réfugiés tibétains, interdisant toute «manifestation antichinoise sur le territoire népalais».

Source des infos : Cyberpresse

Le Tibet ouvert aux journalistes étrangers mais… !

Les journalistes étrangers pourront à nouveau se rendre au Tibet, ont annoncé les autorités chinoises jeudi au lendemain de la réouverture de la région autonome aux touristes étrangers.

«Puisque le Tibet est rouvert aux touristes étrangers, les journalistes étrangers pourront également s’y rendre après en avoir fait la demande auprès des autorités locales et selon les procédures précédemment en vigueur», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Liu Jianchao.

Ces «procédures précédemment en vigueur» obligeaient les journalistes étrangers souhaitant se rendre au Tibet à soumettre leurs projets de reportage aux autorités tibétaines afin d’obtenir un permis de circulation spécial.

Le gouvernement chinois estime que les «séparatistes» tibétains fidèles au Dalaï-Lama en exil ne représentent plus une menace pour la sécurité de la région autonome du Tibet.

Source des infos : Aujourd’hui la Chine, Le Figaro.

Fin de la Marche de retour au Tibet

La Marche de retour au Tibet initiée à Dharamsala dans la mouvance qui a suivi le soulèvement populaire de Lhassa en mars dernier, s’est terminée près de la ville frontalière de Darchula, blottie dans les collines de l’état d’Uttarakhand en Inde. Les cinquante derniers marcheurs ont dû se rendre à plusieurs centaines de policiers qui leur bloquaient la route.

Cinq ONG tibétaines, unies pour la première fois sous la bannière Tibetan People’s Uprising Movement, avaient pris l’initiative d’entreprendre cette marche afin de rejoindre le Tibet, malgré leurs divergences de vue quant aux orientations politiques qu’elles défendent relativement à l’avenir du Tibet.

Tenzing Sonam, écrivain et réalisateur de films, a suivi la marche. Il estime que «le sens de cette marche va bien au delà de la question de savoir si elle a atteint ou pas son objectif officiel de pénétrer au Tibet».

Cette marche pourrait bien indiquer selon lui, un tournant dans la politique des Tibétains en exil. «Nul ne sait comment et quand la situation des Tibétains trouvera une solution, mais ce que nous pouvons faire, nous, les exilés tibétains, c’est de renforcer nos structures démocratiques en exerçant réellement nos droits à la libre expression et à l’action. A longue échéance, l’existence d’un système démocratique fort dans la communauté en exil peut constituer l’une des seules sources d’espoir et d’encouragement pour les Tibétains vivant au Tibet», fait-il observer en guise de conclusion.

Source : Tibetan People Uprising Movement.

Népal : démission du Premier ministre

Le Premier ministre Girija Prasad Koirala a annoncé jeudi sa démission lors d’une réunion parlementaire de l’Assemblée constituante afin d’ouvrir la voie à la formation d’un nouveau gouvernement, rapportait hier eKantipur.

Le Premier ministre sortant a invité les membres de l’Assemblée constituante à conduire le pays vers le progrès et la prospérité en conformité du mandat confié par le peuple lors des récentes élections. Il a plaidé «qu’avec ou sans lui, tous préservent cette culture du consensus, un élément fondamental de la vie politique au Népal et en Asie en général». Il a enfin pressé le Parti communiste du Népal – Maoïste (CPN-M), qui regroupe le plus grand nombre d’élus à l’Assemblée constituante sans toutefois être majoritaire, de former un nouveau gouvernement par voie de consensus en en accord avec les dispositions de la constitution provisoire. Sa démission prendra effet lors de la nomination des futurs Président et Vice-président du pays.

Affectueusement surnommé Girija Babu, le Premier ministre sortant aura mené une carrière exceptionnelle commencée en 1947 comme syndicaliste. Ayant été plusieurs fois Premier ministre, le Parti du Congrès, dont il est le dirigeant, poussait sa candidature au poste de Président de la nouvelle république. Mais les maoïstes et le Parti communiste marxiste-léniniste unifié du Népal (centre gauche) s’y sont fermement opposés.

Nul doute que l’octogénaire à la santé précaire aura joué un rôle parmi les plus significatifs en tant que grand architecte de la paix au Népal.

Sources des infos : eKantipur, Le Figaro, MSN Actualités.

Timide réouverture du Tibet aux touristes étrangers

Le Tibet, dont l’accès avait été interdit aux touristes étrangers à la suite d’émeutes antichinoises en mars dernier, sera à nouveau ouvert aux visiteurs étrangers à compter de mercredi, rapportait mardi l’agence Chine nouvelle.

Cette réouverture comporte cependant des restrictions, précisent les voyagistes. Les étrangers doivent demander un permis spécial dans le cadre d’un voyage organisé. « Il y a de la paperasse » note un employé du Shambala Hotel de Lhassa. «Le problème c’est que les permis prennent du temps et que sans permis, les étrangers ne peuvent pas acheter de billet d’avion ou de train», note pour sa part un employé de l’agence internationale Shendi à Lhassa. On ne sait pas encore si les journalistes étrangers seront de nouveau autorisés à se rendre dans la région.

Source des infos : L’Express, RFI France,

Tibet : la flamme olympique à Lhassa

Entourée d’un important dispositif de sécurité, la torche a parcouru les rues de Lhassa aujourd’hui, une étape controversée du relais de la flamme olympique. Elle a été accueillie par des spectateurs accrédités et triés sur le volet, rapporte AFP, dans une capitale étroitement surveillée et fermée aux visiteurs étrangers, depuis les émeutes de Lhassa il y a trois mois. La zone empruntée par la flamme était interdite à toute personne ne portant pas l’accréditation spéciale délivrée pour l’occasion.

Ce n’est certainement pas un hasard si le parcours de la flamme reliait Norbulingka, l’ancienne résidence d’été du Dalaï Lama et le palais du Potala, ancienne résidence officielle des Dalaï Lama. Une manière pour la Chine de montrer au monde son emprise irréversible sur le Tibet et le mépris qu’elle affiche à l’endroit du Dalaï Lama et de «sa clique», qu’elle accuse d’activités séparatistes et de complot pour saboter les JO de Pékin.

Pour preuve, la déclaration du chef provincial du Parti communiste, Zhang Qingli, lors de la cérémonie marquant la fin du relais… «Le ciel du Tibet ne changera jamais et le drapeau rouge aux cinq étoiles flottera à jamais au-dessus de lui. Nous briserons sans aucun doute les intrigues de la clique du Dalaï Lama».

Les différentes étapes du relais de la flamme olympique à l’étranger ont fourni autant d’occasions de dénonciation de la politique de Pékin à l’endroit du Tibet. Son passage à Lhassa a été particulièrement critiqué.

«Cette décision provocatrice, avec la bénédiction du Comité international olympique, est susceptible d’aggraver les tensions et nuire au fragile processus de quête d’une solution pacifique à long terme pour le Tibet et la région», a notamment déclaré Sharon Hom, directrice de l’organisation Human Rights Watch pour la Chine.

Sources des infos : Le Nouvel Obs, La Presse canadienne, AFP.

Népal : les discussions progressent… lentement

Les trois principaux partis politiques du Népal seraient sur le point de conclure une entente sur la question de l’intégration des ex-combattants maoïstes dans l’armée népalaise, rapporte aujourd’hui eKantipur. Les maoïstes n’auraient pas réussi à obtenir un recrutement massif de leurs ex-combattants sur la base de critères élargis. Les candidatures seraient plutôt examinées une à une sur la base des exigences habituelles. L’opposition de l’armée au recrutement massif des ex-rebelles a maintes fois été exprimée par la hiérarchie militaire. Il faut croire qu’elle a eu son mot à dire sur cette épineuse question.

Les partis se seraient également mis d’accord pour former un comité chargé de mettre en œuvre les mesures qui permettront de retourner à leurs propriétaires, les terres confisquées par les maoïstes durant l’insurrection, et de leur octroyer compensation.

Quant à la question du partage du pouvoir entre les partis, les discussions ne semblent pas avoir progressé de manière significative. On ne s’entendrait toujours pas sur le choix du futur président de la république. Les maoïstes ont fait connaître leur opposition à la désignation de l’actuel Premier ministre Girija Prasad Koirala et lui préférerait un élu appartenant à une formation politique de moindre importance… question de partager le pouvoir mais pas trop, faut-il comprendre sans doute ! Faute d’entente, Pushpa Kamal Dahal, chef du parti maoïste, aurait une fois de plus manifesté l’intention de son parti de se retirer du Gouvernement de transition.

Source des infos : eKantipur

Népal : la fête est terminée… la véritable tâche commence !

Le Népal est devenu une république démocratique fédérale, le roi Gyanendra accepte de quitter le palais sans rechigner, les Népalais sortent d’un long congé décrété pour célébrer l’événement. La fête est maintenant terminée. L’édification du nouveau Népal est loin de l’être toutefois.

À l’ordre du jour : la formation d’un nouveau gouvernement, la rédaction d’une nouvelle constitution par l’Assemblée constituante et, durant la période de transition pendant laquelle les élus façonneront la nouvelle république, l’administration du pays selon des principes de gouvernance démocratiques, efficaces et responsables. La tâche est lourde.

Déjà, au regard de la formation d’un gouvernement, les discussions entre partis politiques piétinent. Les maoïstes, le parti vainqueur aux élections, veulent tout rafler même s’ils insistent pour former un gouvernement de coalition. Ils veulent les postes de président et de premier ministre, les portefeuilles les plus importants et le maintien de la majorité des deux tiers prévue dans la constitution provisoire pour former ou défaire le gouvernement.

Pourtant, si le parti maoïste a obtenu le plus grand nombre d’élus à l’Assemblée constituante, ces derniers représentent à peine plus du tiers de l’ensemble des élus. On est loin du balayage électoral. Fiers d’être en tête du classement, on peut les comprendre de pavoiser. Ils doivent toutefois admettre qu’ils ne sont pas majoritaires et agir en conséquence. La composition du prochain gouvernement ne devrait-elle pas refléter la volonté des Népalais telle qu’elle s’est manifestée aux urnes ?

Craignant l’autoritarisme, les trois autres partis en importance s’opposent à la visée des maoïstes. Reconnaissant aux maoïstes la responsabilité de former le prochain gouvernement, ils préconisent néanmoins un meilleur équilibre des pouvoirs en confiant les fonctions de premier ministre et de président «constitutionnel» à des partis distincts et souhaitent amender la constitution provisoire pour remplacer la règle des deux tiers par celle de la majorité simple.

Ils insistent également pour que les maoïstes donnent enfin suite à plusieurs de leurs engagements qui sont restés de vains mots à ce jour : le démantèlement définitif de l’Armée de libération du peuple et de leur aile jeunesse militante qui se croient tout permis, le retour des terres confisquées pendant l’insurrection à leurs propriétaires, la cessation de la violence comme moyens d’intimidation pour arriver à leurs fins, surtout dans les campagnes où ils sont fermement implantés depuis la rébellion. Certains partis en font même des pré-conditions pour participer à un gouvernement de coalition.

Comme ils l’ont fait fréquemment au cours des 2 dernières années, les maoïstes campent sur leurs positions… et menacent de descendre dans la rue ou de se retirer du gouvernement, en faisant miroiter en termes à peine voilés, une autre révolution, pour infléchir les autres partis. Ils ont ainsi obtenu des gains substantiels, dont l’engagement des autres grands partis à voter l’abolition de la monarchie lors de la session inaugurale de l’Assemblée constituante, avant même que celle-ci ne soit élue.

En démocratie, la confrontation des idées et des projets est normale, essentielle même, et appelle la discussion, la négociation et la capacité à réaliser des compromis lorsqu’un parti minoritaire, même s’il dispose du plus grand nombre d’élus, est appelé à exercer le pouvoir. Menacer d’utiliser la force pour contraindre ses adversaires politiques est un réflexe autocratique.

Aussi, l’idéologue du Parti communiste du Népal – Maoïste (PCN-M), le Dr. Baburam Battarai, devrait vite se débarrasser de ses vieux réflexes de «rebelle» et reléguer au placard sa rhétorique. Elle est usée et ne correspond plus à la réalité d’aujourd’hui. Si plusieurs observateurs se sont interrogés sur la tentation possible des maoïstes de reprendre les armes au lendemain d’une élection qui ne leur accorderait pas une place significative sur l’échiquier politique du pays, la question ne me semble plus pertinente aujourd’hui. En mettant fin à leur insurection, les maoïstes sont devenus la principale force politique du pays en à peine deux ans, alors qu’ils piétinaient toujours dans les campagnes après 10 années d’insurection qui a fait 13000 morts.

Le chemin parcouru par les maoïstes est important. Leurs gains politiques sont appréciables et indéniables… mais non pas irréversibles. Au lieu de menacer de descendre dans la rue, ou de retourner dans la jungle, dès qu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent, les maoïstes devraient apprendre à négocier en cessant toute référence, même voilée, à leur machine de guerre gardée à peu près intacte. Il est lassant d’entendre les maoïstes faire des promesses et prendre des engagements qu’ils ne respectent pas. Et tout aussi lassant de les entendre menacer pour obtenir gain de cause alors qu’ils savent très bien que tout retour en arrière est à toutes fins pratiques exclu. Les Népalais viennent de se débarasser d’un roi despote. Ils ont crié haut et fort leur aspiration à la paix, au changement et à l’établissement d’une véritable démocratie. Les maoïstes ne doivent surtout pas l’oublier.

Opinion libre

Népal : le roi se prépare à quitter le palais

Tout semble indiquer que le roi Gyanendra est disposé à quitter le palais Narayanhiti, ainsi qu’il a été sommé de le faire, et à entamer une existence de simple citoyen. Il demande cependant un logement et l’assurance d’une protection, rapportent les principaux quotidiens népalais.

«Le roi a exprimé le vœu de se conformer à la décision historique de l’Assemblée constituante et de quitter pacifiquement son palais», a annoncé Pradeep Aryal, au nom du Secrétariat du Palais Narayanhiti, désormais dissous, cité par le journal The Rising Nepal.

Le monarque déchu n’a fait aucune déclaration à ce jour mais il semble qu’il soit en train de préparer ses bagages. Le gouvernement a signifié au roi de coordonner son départ avec les autorités compétentes afin que des mesures appropriées puissent être prises pour assurer sa sécurité, annonce également la presse népalaise.

Le palais est toujours gardé par 1 500 soldats. Selon l’AFP, «l’armée népalaise, considérée comme un bastion des royalistes, a fait savoir qu’elle appliquerait d’éventuelles instructions du gouvernement pour se retirer du palais».

Sources des infos : The Rising Nepal, AFP,

Népal : célébration de la république ponctuée d’incidents mineurs

Faisant suite à l’abolition de la monarchie, des rallies ont été organisés un peu partout à travers le pays pour célébrer l’avènement de la nouvelle république népalaise.

Tôt ce matin, le Secrétariat du palais a annoncé que le drapeau frappé du sceau royal flottant au-dessus du palais Narayanhiti de même que les armoiries du roi du Népal ornant la porte principale du palais avaient été enlevés. Un signe sans doute que le roi Gyanendra n’a pas l’intention de s’accrocher.

Malgré cette annonce, la police anti-émeute a dû utiliser aujourd’hui des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui tentait d’accrocher le drapeau du Népal à la porte principale du palais royal sur Durbar Marg (King’s Way) à Katmandou. Les manifestants ont également tenté de recouvrir avec le drapeau népalais, la statut du roi Mahendra sur King’s Way. Ils en ont été empêchés par les forces de l’ordre.

Les altercations auraient fait une douzaine de blessés. Mécontents de la décision gouvernementale offrant au roi un délai de 15 jours pour quitter le palais, les manifestants criaient des slogans hostiles au roi, exigeant qu’il quitte immédiatement le palais. Ce n’est qu’en début de soirée, et sans cérémonie particulière, que le drapeau népalais a été hissé au mât principal du palais.

Sources des infos : E-Kantipur News, NepalNews.