Népal : levée de l’interdiction d’accès au sommet de l’Everest

Le ministère du Tourisme népalais a annoncé hier que l’accès au sommet de l’Everest par la voie sud (face népalaise) sera autorisé à compter de vendredi. Les manifestations pro-tibétaines restent toutefois interdites. L’effectif militaire et policier déployé sur la montagne sera maintenu pour toute la saison d’escalade.

Coincé entre l’Inde et la Chine, le Népal est dans une position délicate vis-à-vis du Tibet. Il reconnaît la souveraineté de la Chine sur le Tibet, tout en abritant 20 000 exilés tibétains tandis qu’environ 2 500 Tibétains continuent d’arriver chaque année après avoir traversé les hauts cols de l’Himalaya pour fuir la Chine.

Confronté à des manifestations quotidiennes devant l’ambassade de Chine et les locaux de l’ONU à Katmandou, le Népal, sous la pression de la Chine, a été forcé récemment de durcir sa position à l’égard des Tibétains. À la suite des émeutes à Lhassa, le ministère de l’Intérieur avait prévenu début avril qu’aucune activité antichinoise ne serait tolérée sur le territoire népalais. Les manifestations pro-tibétaines n’en continuent pas moins à Katmandou et des dizaines de refugiés tibétains sont arrêtés chaque jour pour être libérés dès le lendemain. La brutalité des arrestations par les forces de l’ordre a été fortement critiquée par plusieurs organismes de défense des droits humains.

Sources des infos : Cyberpresse, Romandie News, Le Parisien.

Tibet: dialogue Pékin - Dharamsala

Les discussions entre les représentants du gouvernement chinois et ceux du gouvernement tibétain en exil se sont «bien passées», ajoutant que de part et d’autre l’on s’était engagé à poursuivre le dialogue, a indiqué par téléphone le Premier ministre tibétain depuis Dharamsala, siège du gouvernement tibétain en exil. Bien que la réunion n’ait abouti à aucun résultat notable, l’atmosphère de la rencontre a été qualifiée de bonne, rapporte Le Courrier International.

Ces discussions sont le premier signe d’apaisement de part et d’autre depuis les manifestations et les violences qui se sont déroulées au Tibet au mois de mars dernier. «Aucun calendrier n’a cependant été fixé pour d’autres rencontres», souligne le webzine hongkongais Yazhou Shibao Zaixian. Chacun ayant simplement réitéré ses positions, ces discussions ne peuvent être interprétées comme une reprise du dialogue.

En Chine, la presse officielle poursuit sa campagne accusant le Dalaï-Lama d’incitation à la violence et de complot pour diviser la Chine. Parallèlement à cette vague de critiques, le chef de l’État chinois faisait part du souhait de son gouvernement de poursuivre les discussions avec des représentants du Dalaï-Lama.

«La prochaine étape, c’est que nous allons nous revoir. Nos contacts avec les représentants personnels du Dalaï-Lama sont sérieux», a déclaré Hu Jintao à la presse. «Nous espérons que le Dalaï-Lama exprimera sa sincérité à travers ses actes. Nous espérons que le Dalaï-Lama cessera d’essayer de diviser sa terre natale, cessera d’orchestrer les incitations à la violence et cessera de saper les Jeux olympiques», a-t-il ajouté.

Ces attaques seraient-elles motivées par la prise de conscience, par le parti communiste chinois, qu’un demi-siècle d’endoctrinement et de propagande dans les médias ne sont pas parvenus à entamer la popularité du chef spirituel bouddhiste ni la volonté du peuple tibétain à assurer la survie de sa culture.

Déclaration de l’envoyé du Dalaï Lama à la suite des entretiens du 4 mai avec la partie chinoise

Sources des infos : Le Nouvel Obs, Le Monde, Romandie News, Le Courrier International.

La torche olympique au sommet de l’Everest

Après un parcours passablement chaotique, la flamme olympique a atteint ce matin le sommet de l’Everest, annonce AFP. La Tibétaine Cering Wangmo a atteint à 01H18 GMT le sommet de la montagne situé à 8 850 mètres d’altitude. L’événement a été célébré en Chine mais critiqué à l’étranger par les militants pro-tibétains.

La télévision chinoise a capté des images de l’équipe d’alpinistes vêtus de leurs combinaisons marqués du logo «Pékin 2008». Allumée 40 mètres avant le sommet, la flamme est restée allumée au sommet malgré le vent, selon l’agence Chine nouvelle. Les cinq derniers relayeurs, dont quatre Tibétains, ont célébré la victoire en lançant «Un seul monde, un seul rêve», le slogan officiel des Jeux Olympiques de Pékin.

Pour éviter toute manifestation de militants pro-tibétains, après les troubles de mars, la Chine a interdit toute autre expédition sur le versant nord de la montagne, et forcé le Népal à faire de même sur le versant sud, pendant toute la durée de l’ascension.

Sources des infos : AFP, Radio-Canada,

Népal : discussion entre vieux partis et partis émergeants

Les leaders des principaux partis politiques du Népal poursuivent leurs entretiens concernant la structure du prochain gouvernement, la participation des partis à ce gouvernement, les tâches qui seront dévolues à l’Assemblée constituante et l’instauration d’une république prenant la forme d’un État fédéral.

Le rôle de l’actuel Premier Ministre, Girija Prasad Koirala, du Parti du Congrès, a également été discuté. Les maoïstes ont exprimé l’avis qu’un rôle de premier plan devrait lui être confié tout en affirmant qu’il ne devait pas y avoir «deux centres de pouvoir» au Népal, ce qui exclurait qu’il soit nommé Président de la future république.

Prachanda, le chef des ex-rebelles maoïstes, a déclaré qu’une nouvelle constitution ne pourrait être rédigée qu’à la condition que les anciens partis et les partis émergents à la suite des élections maintiennent des mécanismes de coordination et se joignent au gouvernement. L’abolition de la monarchie et l’instauration d’une république nécessitent un large consensus au sein de la classe politique, a-t-il précisé.

Source des infos : E-Kantipur.

Tibet : rencontre entre émissaires du Dalaï-Lama et responsables chinois

Les entretiens à huis clos entre des responsables chinois et deux émissaires du Dalaï-Lama, Lodi Gyari, représentant du chef spirituel des Tibétains à Washington, et Kelsang Gyaltsen, son homologue en Suisse, ont commencé hier à Shenzhen (sud de la Chine), a annoncé le premier ministre du gouvernement tibétain en exil, Samdhong Rinpoche. La Chine a prévenu qu’il s’agissait d’entretiens informels pour discuter de la crise tibétaine.

Pourtant, samedi, la presse officielle chinoise ne mentionnait aucunement cette rencontre et poursuivait sa campagne de diffamation à l’endroit du Dalaï-Lama et de sa «clique», accusés d’avoir fomenté les émeutes à Lhassa dans le but de saboter les JO de Pékin. Un signal pour le moins contradictoire, qui peut laisser douter de la sincérité des autorités chinoises. De nombreux observateurs voient dans cette rencontre une tactique du régime, soumis à une forte pression internationale, pour calmer le «jeu» à trois mois de l’ouverture des JO de Pékin.

Les exilés tibétains et les autorités chinoises négocient officiellement depuis 2002, et ont toujours maintenu le contact, y compris en mars, a reconnu le gouvernement en exil. Mais les pourparlers de Shenzhen ne seront en aucun cas «un septième cycle de négociations, juste une consultation informelle», a prévenu vendredi Samdhong Rinpoche, qui disait ne pas «nourrir de fortes attentes», mais être heureux de cette rencontre. Les émissaires «feront part des profondes inquiétudes de Sa Sainteté sur la manière dont les autorités chinoises gèrent la crise tibétaine et feront des suggestions pour apporter la paix dans la région» du Tibet.

Sources des infos : Le Monde, MSN Actualités

Tibet : la reprise du dialogue Chine-Dalaï Lama soulève le scepticisme

La proposition lancée par la Chine d’une reprise du dialogue avec le Dalaï-Lama a peu de chances de donner des résultats tangibles et s’apparente davantage, selon des analystes, à une opération de relations publiques, à trois mois des jeux Olympiques de Pékin, rapporte aujourd’hui la chaîne 7 sur 7.

Le Dalaï-Lama a salué cette offre mais a souhaité des «discussions sérieuses» avec Pékin «sur la façon d’apaiser le ressentiment des Tibétains». Une rencontre uniquement destinée à calmer les inquiétudes de la communauté internationale n’aurait aucun sens, a-t-il ajouté.

Simultanément à la proposition de rencontre faite par Pékin hier, la Chine réitérait ses attaques contre le Dalaï-Lama, la presse officielle l’accusant d’avoir déstabilisé le Tibet. «La clique du Dalaï-Lama a utilisé tous les moyens possibles pour saper la stabilité et le développement du Tibet», affirmait ce matin le Quotidien du Peuple, l’organe officiel du Parti communiste chinois.

Le gouvernement tibétain en exil a réagi en demandant à la Chine de «cesser de diffamer» le chef spirituel des Tibétains. «Cette tentative de diaboliser Sa Sainteté ne fonctionnera pas», a assuré Thubten Samphel, porte-parole de du Gouvernement en exil. La Chine «doit arrêter cette campagne, stopper la répression et s’attaquer aux vraies causes des troubles», a-t-il ajouté.

Rappelant que les six cycles de discussions engagés depuis 2002 entre la Chine et des émissaires du Dalaï-Lama n’ont produit aucun résultat tangible, Robbie Barnett, spécialiste du Tibet à l’université Columbia, estime que Pékin n’a plus beaucoup de crédibilité. «Il est difficile de percevoir de bonnes intentions derrière les décisions de Pékin», fait-il remarquer. Suite >>>

La Chine annonce son intention de rencontrer des représentants du Dalaï-Lama

Les pressions internationales ont-elles réussi à infléchir la Chine ? Les médias officiels chinois annonçaient ce matin que la Chine allait rencontrer des représentants du Dalaï-Lama, que Pékin accuse d’être à l’origine d’une vague d’agitation.

«Face aux demandes répétées de la part de l’entourage du Dalaï-Lama pour une reprise des discussions, le département concerné du gouvernement central aura des contacts et des consultations avec le représentant privé du Dalaï-Lama dans les jours qui viennent», a déclaré un responsable cité par l’agence officielle Chine nouvelle.

«Il est souhaitable que par ces contacts et consultations, la partie du Dalaï-Lama en vienne à prendre des mesures crédibles pour cesser les activités visant à diviser la Chine, cesser de comploter et d’encourager la violence, et cesser de perturber et saboter les Jeux olympiques de Pékin, pour créer les conditions d’un dialogue», a précisé le responsable cité par Chine nouvelle.

Au ton de la déclaration, la proposition de rencontre est conditionnelle et laisse toujours supposer que le Dalaï-Lama est responsable des événements récents au Tibet et doit mettre fin à ses revendications indépendantistes. Ce n’est un secret pour personne que le Dalaï-Lama ne revendique plus depuis longtemps la séparation du Tibet mais plutôt une autonomie culturelle suffisante pour assurer la survie et l’épanouissement de la culture tibétaine sur son territoire ancestral à l’intérieur de la Chine.

Si aujourd’hui les capitales du monde se félicitent d’une reprise possible du dialogue entre la Chine et le Dalaï-Lama, dont les termes demeurent pour le moment imprécis, l’accusation à peine voilée contenue dans la proposition de rencontre faite par Pékin ne laisse-t-elle pas planer un doute sur ses véritables intention ?

À mon avis, on ne peut complètement exclure que l’avancée chinoise vise non pas à amorcer un dialogue sincère sur l’autonomie tibétaine mais plutôt à calmer le jeu à trois mois de l’ouverture des JO, qui ont manifestement du plomb dans l’aile.

Sources des infos : L’Express, La Tribune, La Presse canadienne, France Info, Le Figaro, Le Nouvel Obs.

Résultat définitif des élections au Népal: les maoïstes remportent le scrutin

La Commission électorale du Népal vient d’annoncer le résultat final de l’élection du 10 avril dernier. Comme prévu, le parti maoïste formé des ex-rebelles sort gagnant avec 220 sièges à l’Assemblée constituante. Les trois autres partis qui le suivent sont le Parti du Congrès avec 110 sièges, le Parti communiste UML avec 103 sièges et le Forum représentant les populations madhesi avec 52 sièges.

Prachanda, le chef maoïste, a annoncé que son parti allait former le prochain gouvernement et qu’il en assumerait le leadership. Compte tenu que les maoïstes n’ont pas obtenu une majorité absolue, il est à prévoir que l’Assemblée constituante en sera une de coalition. Prachanda a d’ailleurs appelé les autres partis à se joindre au gouvernement.

Voulant se faire rassurant, il a pris la peine de préciser qu’il n’y avait rien à craindre des maoïstes qui ont quitté le maquis pour se soumettre aux règles démocratiques, tout en ajoutant que les maoïstes n’avaient de maoïste que le nom et étaient des capitalistes qui n’abandonneraient toutefois pas certains moyens traditionnels.

Des propos jugés fort ambigus par plusieurs journalistes présents à la conférence. Questionné, un second s’est empressé de préciser qu’il était désormais inconcevable que les maoïstes aient à nouveau recours à la violence. Une fois de plus, Prachanda, le redoutable, a montré qu’il avait beaucoup de peine à peser ses mots et à se départir de ses vieux réflexes en agitant la menace.

Sources des infos : E-Kantipur, NepalNews.

Tibet : deux mois pour faire des Tibétains des patriotes chinois !

Une revue de la presse internationale confirme aujourd’hui que la Chine s’engage résolument dans une campagne d’éducation patriotique au Tibet. Journaux européens, américains et canadiens en font mention. Sans vouloir jouer au prophète, je crois que la crise tibétaine actuelle pourrair s’avérer un moment critique dans l’histoire de la Chine et de ses relations avec le monde libre.

Malgré sa volonté de s’ouvrir sur le monde, la Chine éprouve d’énormes difficultés à s’affranchir des vieilles méthodes maoïstes visant à uniformiser la pensée et à faire taire toute critique. L’endoctrinement est contraire à l’émancipation. Alors que la Chine se retrouve sous les feux de la rampe, les dirigeants chinois doivent sentir effectivement que la situation leur échappe pour choisir l’éducation patriotique, un moyen coercitif s’il en est, pour masquer l’image craquelée d’une Chine que le vernis de la propagande du régime n’arrive plus à cacher, à un moment si mal choisi alors que la communauté internationale s’attend à l’ouverture promise.

Comment les dirigeants chinois peuvent-ils croire qu’ils réussiront à transformer des Tibétains en bon patriotes chinois en deux mois alors qu’ils n’y sont pas parvenus après 50 ans d’occupation ponctués de surveillance abusive des monastères, d’emprisonnements arbitraires, de torture et même d’éducation patriotique ? L’attitude des dirigeants chinois apparaît à première vue déconcertante. Le moyen semble pure improvisation. Le régime chinois serait-il désemparé ? Suite >>>

Tibet : campagne d’éducation patriotique en cours

Tandis que le Dalaï-Lama vient d’être fait citoyen d’honneur de la ville de Paris, Pékin a officiellement lancé hier au Tibet, une campagne d’éducation politique devant durer 2 mois, a annoncé TSR Info. Le Parti communiste chinois souhaite de la sorte venir à bout des revendications d’émancipation des Tibétains et de la popularité du Dalaï-Lama, accusé par Pékin d’être derrière les émeutes de Lhassa en mars dernier. Des programmes de télévision et des dénonciations collectives sont au menu de la campagne qui vise selon la rhétorique officielle relayée par Tibet Daily, l’organe du Parti communiste chinois au Tibet, à « unifier la pensée, assurer la cohésion des dirigeants et des masses, accentuer la lutte contre le séparatisme et répondre aux complots séparatistes de la clique du dalaï-lama ».

L’écrivain dissident chinois Wang Lixiong, marié à une intellectuelle tibétaine placée en résidence surveillée, confiait au New York Times la semaine dernière que cette campagne pourrait indiquer que les autorités chinoises ne contrôlent pas encore la situation au Tibet ni dans les provinces chinoises adjacentes. « Ils ne s’attendaient pas à ce que les manifestations durent plus d’un mois et demi. Cette résistance est un choc pour eux car ils croyaient à leur propre propagande sur le Tibet, ils croyaient que tout était sous contrôle », mentionnait-il.

Sources des infos : TSR Info, New York Times.