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Selon le recensement effectué en 2001, 80,6% de la population était alors hindouiste. Le bouddhisme, seconde religion en importance, rejoignait 10,7% de la population. L'hindouisme est principalement répandu dans les basses terres et les Moyennes montagnes. Le bouddhisme, très présent dans la vallée de Katmandou et dans les Moyennes montagnes, prédomine dans l'ensemble du haut Himalaya népalais. La ferveur religieuse manifestée par les populations tant hindouistes que bouddhistes constitue un trait dominant de la société népalaise.
Entre Brahma et Bouddha Au Népal, l'hindouisme, souvent qualifié d'himalayen, a emprunté plusieurs éléments au bouddhisme tantrique. De même, le bouddhisme tantrique a puisé dans les tantras hindous, plusieurs des éléments de sa doctrine. Ces deux religions, dans leur forme himalayenne, ont de plus incorporé de nombreuses croyances animistes et des pratiques chamanistes de l'ancienne religion bon pratiquée au Tibet avant l'introduction du bouddhisme.
MixitÉ des pratiques religieuses
Shiva, Vishnu, Brahma et les autres Dans la trinité des dieux hindous, à laquelle participent Brahma et Vishnu, Shiva est celui que l'on vénère le plus au Népal. Il est souvent représenté par un lingua , une pierre allongée symbolisant le phallus, considéré comme la source de l'énergie créatrice. Les temples qui lui sont dédiés sont reconnaissables à la statue du taureau Nandi, son véhicule, qui veille à l'entrée. Souvent représenté avec son épouse, la déesse Parvati, le couple divin a pour fils Ganesh, le dieu à tête d'éléphant. Shiva porte plusieurs noms dont chacun correspond à l'une de ses manifestation : Pashupati, le protecteur pacifique ; Bhairab, le terrifiant destructeur du mal et bien d'autres. Vishnu est le protecteur du monde. Selon la croyance, il a visité la terre dix fois, empruntant chaque fois une forme différente tantôt animale, tantôt humaine. Sa manifestation la plus populaire au Népal est Narayan qui a pour véhicule Garuda, l'homme-oiseau. Ses autres manifestations sont : Krishna le berger paisible personnifiant la masculinité ; Rama le héros du Ramayana ; Narshing l'homme-lion ; Kurma la tortue et bien d'autres.
Les dieux sont partout Au Népal, la religion ne se résume pas à quelques célébrations épisodiques. Elle est pratique quotidienne. Les dieux sont omniprésents. Leurs effigies sont visibles partout. Les temples hindouistes et bouddhistes abondent, notamment dans la vallée de Katmandou. Des petits autels votifs dédiés aux innombrables divinités bordent les rues et les places publiques. Des petits sanctuaires où nichent les statues des divinités sont venus s'ajouter, sans aucun souci d'agencement, sur la devanture des boutiques ou à même la façade des bâtiments. À toute heure du jour, les Népalais s'y arrêtent pour honorer leurs dieux. Les paysages du haut Himalaya népalais portent également les empreintes de la foi. Les gompas accrochés à flanc de montagne, les chortens protégeant les villages et les sommets des cols, les drapeaux à prières accrochés aux temples et aux maisons témoignent de la ferveur religieuse des populations bouddhistes.
Fêtes religieuses et sacrifices rituels Les fêtes ont pour la plupart un caractère religieux et constituent des occasions de grandes réjouissances auxquelles participent toute la population. Dasain, la plus grande fête au Népal, s'étire sur 10 jours et célèbre la victoire de la déesse Durga sur le démon-buffle. À cette occasion, les hindous pratiquent le sacrifice rituel en tuant un bouc, un poulet, ou un autre animal mâle pour sattirer la bienveillance de la déesse Durga assoiffée de sang. On estime à 10 000 le nombre d'animaux sacrifiés durant cette fête. L'Indra Jatra, qui dure une semaine, en septembre à Katmandou, est l'occasion de faire revivre un vieux mythe célébrant la fin de la mousson. Comme le veut la légende, le dieu de la pluie Indra, sous un déguisement humain, vint un jour cueillir des fleurs dans la vallée. Les paysans le traitant de voleur, Dagini, sa mère, vint plaider sa cause. Les paysans le libérèrent. Dagini fit alors le serment de provoquer la présence de brouillards durant les mois d'automne pour favoriser les cultures. Pour rappeler la légende, Indra se promène dans les rues de Katmandou à la recherche du démon Lakhe. Le Losar est la célébration du Nouvel An chez les Sherpas et l'importante communauté d'émigrés tibétains. Trois jours durant, la fête bat son plein. À l'appel des moines soufflant dans les longues cornes installées sur le toit des gompa et des stupa, les membres de la communauté se rendent au monastère pour offrir leurs dons au moine abbé et obtenir sa bénédiction. De nouveaux drapeaux à prières sont hissés pour remplacer les vieilles étoffes usées par la pluie et le vent. En guise d'offrande du Nouvel An, on lance en l'air la tsampa sous les rires de la foule.
Funérailles célestes Les Bhotias craignent l'esprit du mort qui persisterait à demeurer encore quelque temps dans la dépouille. Dans certains villages reculés du Dolpo, du Mustang et des vallées de Nar-Phu, au nord-ouest du pays, on pratiquerait épisodiquement les funérailles célestes à la manière tibétaine : le corps est conduit sur les hauteurs du village, dépecé et donné en pâture aux vautours. Les hommes du village restent en retrait pour surveiller l'arrivée des charognards. S'ils ne viennent pas, les restes sont enterrés. Très répandue jadis en pays bhotia, cette coutume serait plus rare aujourd'hui. Le corps étant le plus souvent placé sur un bûcher funéraire pour la crémation.
Vaches sacrées Au Népal, les vaches sont sacrées. Elles sont considérées comme une source de bénédictions et sont vénérées par les hindous orthodoxes. On peut les voir déambuler partout dans les villes où elles règnent en maîtres des lieux. La vache, symbolisant la fécondité, est étroitement associée à Lakshmi, la déesse de la prospérité. Le troisième jour de la fête du Tihar, on lave les vaches et on les pare avec des guirlandes de fleurs pour leur rendre hommage.
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