Croyances religieuses au Népal
Dans
la foulée des
mesures pro-démocratiques prises par le nouveau gouvernement de coalition
constitué en
avril 2006, le
Népal a perdu son étiquette de seul pays officiellement
hindouiste au monde à la suite de la promulgation d'une loi sécularisant
l'État népalais.
Selon
le recensement effectué en
2001, 80,6% de la population était alors hindouiste. Le bouddhisme,
seconde religion en
importance,
rejoignait 10,7% de la population. L'hindouisme est principalement
répandu
dans les basses terres et les Moyennes montagnes. Le bouddhisme,
quoique présent dans les Moyennes montagnes, prédomine
dans l'ensemble du haut Himalaya népalais. La ferveur religieuse
manifestée par les populations tant hindouistes que bouddhistes
constitue un trait dominant de la société népalaise.

Les dieux sont partout
Au
Népal, les dieux sont partout. Les temples hindouistes
et bouddhistes sont omniprésents dans la vallée
de Katmandou. Des petits
autels votifs dédiés aux innombrables divinités
bordent les rues et les places publiques. Dans plusieurs quartiers,
des petits sanctuaires où niche l'effigie d'une divinité,
sont venus s'ajouter, sans aucun souci d'agencement, sur la
devanture des boutiques ou à même la façade
des bâtiments. À l'heure de la puja,
les Népalais s'y arrêtent pour honorer la divinité du sanctuaire.
Stupa
de Swayambunath
Les
paysages du haut Himalaya népalais portent également
les empreintes de la foi. Les gompas accrochés à flanc
de montagne, les chortens protégeant
les villages et les sommets des cols, les drapeaux à prières
accrochés aux temples et aux maisons témoignent
de la ferveur religieuse des populations bouddhistes.
Chorten
au Muong La 

Brahma, Shiva, Vishnu et les autres
Dans
la trinité des dieux hindous, à laquelle participent
Brahma et Vishnu, Shiva est celui que l'on vénère le
plus au Népal. Souvent représenté par un linga
, une
pierre allongée symbolisant le phallus, source de l'énergie
créatrice, les temples qui lui sont dédiés sont
reconnaissables à la statue du taureau Nandi, son véhicule,
qui veille à l'entrée. Souvent représenté avec
son épouse, la déesse Parvati, il a pour fils Ganesh,
le dieu à tête d'éléphant. Shiva porte
des centaines de noms dont chacun correspond à une manifestation :
Pashupati, le protecteur pacifique ; Bhairab, le terrifiant
destructeur du mal ; etc.
Vishnu
est le protecteur du monde. Selon la croyance, il a visité la
terre dix fois, empruntant chaque fois une forme différente
tantôt animale, tantôt humaine. Sa manifestation la
plus populaire au Népal est Narayan qui a pour véhicule
Garuda, l'homme-oiseau. Ses autres manifestations sont : Krishna
le berger paisible personnifiant la masculinité ; Rama
le héros du Ramayana ; Narshing l'homme-lion ;
Kurma la tortue et bien d'autres.
Le
panthéon hindou est aussi peuplé de déesses
et des multiples formes qu'elles empruntent : Parvati, Durga,
Siddhi Lakshmi, Saraswati et Kali sont parmi les plus vénérées.
Taleju, protectrice de la vallée de Katmandou, et Hanuman,
le dieu-singe, sont les divinités tutélaires de la
famille royale népalaise. Saraswati, épouse de Brahma,
est la déesse de la connaissance et des arts. Bhairab combat
les démons. Ganesh, le dieu à tête d'éléphant
favorise la chance. Il y a toujours une divinité que l'on
peut invoquer quoiqu'il advienne... y compris la variole ou un mal
de dent.
Le
dieu-singe Hanuman

Fêtes religieuses et sacrifices
rituels
Les
fêtes ont pour
la plupart un caractère religieux et constituent des occasions de
grandes réjouissances
auxquelles participent toute la population.
Dasain, la plus
grande fête au Népal, s'étire sur 10 jours et célèbre
la victoire de la déesse Durga sur le démon-buffle. À
cette occasion, les hindous pratiquent le sacrifice rituel en tuant
un bouc,
un poulet, ou un autre animal mâle pour sattirer la bienveillance
de la déesse
Durga assoiffée de sang. On estime à 10 000 le nombre
d'animaux sacrifiés durant cette fête.
L'Indra
Jatra, qui dure une semaine, en septembre à Katmandou,
est l'occasion de faire revivre un vieux mythe célébrant
la fin de la mousson. Comme le veut la légende, le dieu de la pluie
Indra, sous un déguisement
humain, vint un jour cueillir des fleurs dans la vallée. Les
paysans le traitant de voleur, Dagini, sa
mère,
vint plaider sa cause. Les paysans le libérèrent.
Dagini fit alors le serment de provoquer la présence
de brouillards durant les mois d'automne pour favoriser les cultures.
Pour rappeler
la légende,
Indra se promène dans les rues de Katmandou à la recherche
du démon Lakhe.
Le
Losar est la célébration du
Nouvel An chez les Sherpas et l'importante communauté d'émigrés
tibétains. Trois jours durant, la fête
bat son plein. À l'appel des moines soufflant dans les longues
cornes installées sur le toit des gompa et des stupa, les membres de
la communauté
se
rendent au
monastère
pour offrir leurs dons au moine abbé et obtenir sa bénédiction.
De nouveaux drapeaux à prières sont issés pour remplacer les
vieilles étoffes usées par la pluie et le vent. En guise
d'offrande du Nouvel An, on lance en l'air la tsampa sous les rires de
la foule.

Funérailles célestes
Les
Bhotias craignent l'esprit du mort qui persisterait à demeurer encore quelque temps dans
la dépouille. Dans certains villages
reculés du Dolpo, du Mustang et des vallées de Nar-Phu, au
nord-ouest du pays, on pratiquerait encore les funérailles célestes à la
manière tibétaine : le corps est conduit
sur les hauteurs du village, dépecé et donné en
pâture
aux vautours. Les hommes du village
restent en retrait pour surveiller l'arrivée des charognards.
S'ils ne viennent pas, les restes sont enterrés. Très répandue
jadis en pays bhotia, cette coutume serait plus rare aujourd'hui.
Le corps étant
le plus souvent placé sur
un bûcher funéraire pour la crémation.

Vaches sacrées
Au
Népal, les vaches sont sacrées. Elles sont considérées
comme une source de bénédictions et sont vénérées
par les hindous orthodoxes. On peut les voir déambuler partout
dans les villes où elles règnent en maîtres des
lieux. La vache, symbolisant la fécondité, est étroitement
associée à Lakshmi, la déesse de la prospérité.
Le troisième jour de la fête du Tihar, on lave les vaches
et on les pare avec des guirlandes de fleurs pour leur rendre hommage.

Entre
Bhrama et Bouddha 