Réactions à l’exécution de Tibétains à Lhassa
Les 166 organisations membres de l’International Tibet Support Network (ITSN), condamnent la Chine pour l’exécution de Tibétains trouvés coupables d’avoir déclenché des «incendies fatals» qui auraient causé la mort de 7 Chinois lors des émeutes de Lhassa en mars 2008.
Selon l’ITSN, ces exécutions capitales montrent que la Chine s’autorise à recourir à tous les moyens même les plus atroces pour terroriser les Tibétains et chercher à anéantir en eux toute velléité de contestation par rapport à l’occupation chinoise du Tibet. «À l’évidence, ces exécutions n’ont été motivées que par des choix politiques, ces quatre personnes ayant été condamnées sans qu’il y ait eu de procès équitable, il n’y a aucun doute sur ce point », accuse l’ITSN.
L’organisation cite en référence un rapport de Human Rights Watch révélant qu’en Chine le système judiciaire est politisé à un point tel que tout espoir de voir les Tibétains bénéficier d’un procès équitable est vain. Elle rappelle également qu’au cours d’une réunion organisée par la Haute Cour du Peuple de la Région Autonome du Tibet (RAT), Pema Trinley, vice-gouverneur exécutif de la RAT avait sommé la Justice d’agir vite et de « frapper durement la clique du Dalaï Lama ». Il demandait des mesures judiciaires énergiques, respectueuse des directives du Parti, afin que le verdict final réponde aux attentes politiques, judiciaires et sociales et donne lieu à une stabilisation politique et sociale. Le 19 mars 2008, avant toute décision d’un tribunal, le parquet de Lhassa a annoncé que les violences à Lhassa «ont été organisées, planifiées et préméditées par la clique du Dalaï Lama», et que dans le cas des 24 suspects formellement arrêtés ce jour-là «les crimes étaient clairs et les éléments de preuve suffisants» pour déterminer qu’ils avaient commis des crimes de sécurité contre l’Etat.
Dans une déclaration commune, l’ITSN appelle tous les Gouvernements à condamner ces exécutions et à faire en sorte d’obtenir de la Chine des engagements sur les points suivants :
faire en sorte que tous les procès de Tibétains se déroulent en audience publique; permettre aux prévenus de bénéficier de l’assistance d’avocats indépendants; s’assurer que les garanties légales de protection soient respectées; autoriser les personnels des Consulats et les journalistes étrangers qui le demandent, à assister aux procès.
Sur un ton plus feutré, l’Union européenne (UE) a aussi condamné ces exécutions. «L’Union européenne condamne l’exécution de deux Tibétains, MM. Lobsang Gyaltsen et Loyak, qui a eu lieu récemment», a affirmé la présidence suédoise de l’UE dans un communiqué.
«L’UE respecte le droit de la Chine de faire traduire en justice les responsables d’actes de violence, mais elle réaffirme qu’elle est opposée de longue date au recours à la peine de mort, quelles que soient les circonstances», poursuit le texte européen. L’UE a demandé à la Chine de commuer toutes les condamnations à mort prononcées contre des personnes présumées avoir participé aux émeutes de Lhassa en mars 2008.
Comme on pouvait s’y attendre, la Chine a immédiatement exprimé vendredi son fort mécontentement et sa ferme opposition suite à la publication du communiqué de l’Union européenne. «Nous sommes très mécontents de ce communiqué et nous nous y opposons fermement», a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu, lors d’un point de presse. «Il s’agit d’une affaire qui relève uniquement des affaires intérieures et de la souveraineté judiciaire de la Chine. Aucun pays étranger n’a le droit d’intervenir», a affirmé le porte-parole chinois.
Sources et références:
Déclaration commune du mouvement mondial en faveur du Tibet condamnant la mise à mort de plusieurs tibétains (HNS-Info)
L’UE dénonce l’exécution de deux Tibétains par l’armée chinoise (Aujourd’hui la Chine/AFP)
La Chine mécontente d’un communiqué de l’UE (Chine Informations)
Quick Arrests and Quick Sentencings Followed Tibetan Protests (Human Rights Watch)