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Récit de voyage

Namche Bazar... acclimatation

Ouf ! La journée sera longue, j'en ai bien peur. Je me sens plutôt flagada aujourd'hui. Manque d'énergie, manque d'apétit. Mon organisme semble se rebeller contre les conditions que lui impose ce nouvel environnement. Aussi, j'en suis réduit à devoir me concentrer sur mes besoins vitaux... à part celui de manger.

Mauvaise surprise

Hier soir, alors que les Sherpas défilaient devant la table et remplissaient généreusement nos assiettes, je me sentais déjà étourdi. N'ayant pas faim, je me suis efforcé de manger quand même car j'avais besoin de refaire mon énergie.

Peu après, j’ai eu la nausée. La diarrhée s'est aussi mise de la partie. En me couchant, je l’avais plutôt mauvaise. Toute la nuit, je me suis promené entre la tente et la fausse d’aisance, une petite cabane rudimentaire en pierres sèches où rien n’est aisé à vrai dire. Un plancher perforé au-dessus d'une fausse creusée à même la terre. Il me fallait à chaque fois m’extraire de mon duvet, enfiler pantalon, bottines, doudoune, bonnet de laine, lampe frontale, et surtout, arriver à temps ! Symptômes du mal d’altitude, intoxication alimentaire ?

Intoxication... mal d'altitude ?

J'en suis encore là. Je suis inquiet. Les symptômes semblent correspondre à ceux de l'intoxication alimentaire. Mais aussi à ceux caractérisant la première phase du mal d'altitude. Il est trop tôt pour pouvoir poser un diagnostic. Quoiqu'il en soit, je ne mange plus et j’ai peine à boire. L’odeur même de la nourriture me donne des haut-le-cœur. Je me déshydrate et m'affaiblis d'heure en heure. Le grand Sylvain et Isabelle sont également malades. Dans le doute, je crois qu'un traitement au Cypro, un antibiotique puissant à large spectre, est indiqué. Je demande conseil à Pascal, notre guide. L'intoxication alimentaire ne semble pas faire de doute pour lui. Elle peut être doublée d'une difficulté à m'acclimater. Allons-y pour le Cypro. Quant au Diamox, un médicament luttant temporairement contre certains effets du mal d'altitude... pas tout de suite !

Les anti-vomitifs que j’ingurgite pour chasser la nausée me rendent somnolent. Entre les allers et retours à la « cabane », je reste étendu sur mon duvet dans ma tente. Je dors par intermitance. Sylvain et Isabelle viennent tour à tour prendre de mes nouvelles. Ils semblent moins mal en point que moi mais pas plus vigoureux qu'il ne le faut.

Tandis que nous sommes tous trois confinés au camp, nos coéquipiers vont explorer les villages voisins: Khunde et Khumjung. Ces randonnées, quoique fatigantes, favorisent leur acclimatation. Pendant ce temps, moi, je m’affaiblis. Un véritable cercle vicieux. Au retour, les coéquipiers viennent tour à tour nous encourager. Pascal, mal à l’aise, insiste avec tact pour que je mange, car je ne pourrai poursuivre la route dans cet état, je me suis trop affaibli. Je dois rapidement reprendre des forces. Si la situation ne s’améliore pas dans les heures qui viennent, il me faudra même envisager de redescendre. Il insiste pour que je me joigne au groupe pour le dîner.

Rêve ou cauchemar

Je viens à peine de m’asseoir au bout de la longue table que l’odeur de la nourriture me donne envie de vomir. Je sors au pas de course et rends à la montagne le peu qu'il me restait. Babu m’a suivi et me tape dans le dos pour me réconforter. « Ça ira mieux demain, dit-il ». Je me réfugie dans ma tente. Là, blotti dans le noir, je vis des heures d’angoisse épouvantables. Le rêve se transformera-t-il en cauchemar ? Tous ces efforts pour me préparer à cette expédition et me rendre jusqu’ici, auront-ils été vains ? Le spectre de la descente me hante !

J’ai besoin de prendre l’air. Danu, m’apercevant faire les cent pas devant ma tente, me demande pourquoi je ne suis pas avec les autres. « Sick ». « Oh ! » Il m’apporte du thé noir et un bol de fruits en conserve. Pendant que je bois le thé à petite gorgée, nous échangeons. Il a trois enfants. Je lui parle des miens. Dans un geste de gratitude, je le prends par les épaules et le remercie, Les guides sherpas qui nous accompagnent sont ainsi. Mine de rien, ils nous surveille du coin de l'oeil afin de s'assurer que tout va bien. Je suis entre bonnes mains.

Alors que je me prépare pour la nuit, Pascal vient m’annoncer que nous resterons une journée de plus à Namche Bazar. Isabelle et Sylvain montrent des signes encourageants. Quant à moi, ce n’est pas la volonté de poursuivre qui fait défaut. Ce délai nous permettra sans doute de nous rétablir !

 

 

Halte à Namche Bazar

Lors du trek au camp de base de l'Everest, deux périodes d'arrêt sont requises pour favoriser l'acclimation. La majorité des trekkeurs s'arrêtent à Namche Bazar pour y faire leur première pause. Bien sûr, le trek en est encore à ses débuts mais l'on vient de franchir la barre des 3 000 mètres et d'entrer dans une zone critique en matière d'acclimatation. C'est fréquemment à cette altitude qu'apparaissent les symptômes du mal des montagnes. Il est donc fortement recommandé de prévoir au moins deux nuits à Namche Bazar.

Khumbu

Village de Namnche Bazar

Cette image nous fait rapidement réaliser que pour vivre en Himalaya du Népal, il faut marcher et surtout grimper beaucoup pour aller d'un village à l'autre ou se déplacer au sein du village.

Acclimatation

Si l'on a fait étape à Phakding (2 610 m), la montée sur Namche Bazar (3 440 m) représente un gain de plus de 800 mètres en une seule journée, comme on l'a vu. Les spécialistes semblent faire consensus sur un gain maximal de 400 à 500 mètre par jour au-delà de 3 000 mètres. Une halte prolongée à Namche Bazar constitue donc une approche prudente susceptible de faciliter les choses lors des jours à venir.

Mal d'altitude

Le mal d'altitude, aussi appelé mal aigu des montagnes (MAM), représente le plus grand danger auquel est confronté le trekkeur en haute altitude. En raison d'un phénomène de pression atmosphérique, la quantité d’oxygène que l'organisme peut absorber diminue avec le gain d'altitude. À 3 000 mètres par exemple, cette quantité est équivalente à environ 65% de celle du niveau de la mer. À 5 000 mètres, elle ne se situe plus qu'à 50%, et au sommet de l'Everest, à 30%. L’organisme doit alors produire davantage de globules rouges pour acheminer plus rapidement l’oxygène. Si l’on ne donne pas à l’organisme, assez de temps pour qu’il s’adapte, il y a risque d’apparition des premiers symptômes du mal d’altitude : mal de tête persistant, perte d’appétit, nausée et fatigue anormale à l’effort.

Des vomissements fréquents, une difficulté à uriner, des troubles d’équilibre et de coordination, une toux sèche et un pouls anormalement élevé au repos indiquent un stade avancé de la maladie. À ce stade, il est impératif que la personne aux prises avec ces symptômes amorce rapidement sa descente car il y a risque d’apparition d’un œdème pulmonaire ou cérébral, c’est-à-dire, formation de liquide dans les tissus des poumons ou du cerveau pouvant entraîner la mort à brève échéance. De nombreuses personnes ont perdu la vie en haute altitude, en retardant au lendemain la décision de redescendre. Il a suffit d’une nuit pour que leur condition devienne irréversible.

 Le mal d'altitude

Sources des infos
 Christine Janin et P. Bardiau (1992)
 Ciwec Clinic Kathmandu
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