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Le yack

Le yack (yak) est à l'Himalaya ce que le chameau est au désert et le renne à la toundra. C'est l'animal de survie de l'Himalaya. Les yacks sauvages, appelés drung, autrefois nombreux, se font de plus en plus rares aujourd'hui. La majorité des derniers grands yacks sauvages vivent dans les steppes du Qinghaï occidental et du Changthang septentrional, la partie la plus rude et la plus sauvage du haut plateau tibétain (Chine). Des populations éparses subsistent au Xinjiang (Chine) et au Ladakh (Inde du nord). Le mâle sauvage adulte pèse en moyenne 600 kg. Un gros spécimen peut peser jusqu'à une tonne.

Aire de dispersion

Sous sa forme domestiqué, on trouve le yack principalement au Népal, au Bhoutan, en Mongolie et dans les provinces chinoises adjacentes à la Région autonome du Tibet. Au Kazakhstan et au Kirghizistan, il n'est pas très répandu mais les courses de yacks sont populaires. La femelle du yack est appelée nak par les Sherpas et dri ou drimo par les Tibétains.

Plateau tibétain

Yacks à un campement de nomades| Plateau tibétain

Pourvu d'un corps massif et puissant, le yack est indéniablement l'animal le plus utile aux populations de l'aire himalayenne qui l'élèvent pour sa chair, sa laine, sa peau, son lait et sa bouse. Son lait est baratté pour en faire du beurre et du fromage. Sa laine sert à confectionner vêtements et couvertures de même que les tentes sous lesquelles s'abritent les nomades tibétains. Sa peau est utilisée pour confectionner bottes et sacoches. Sa bouse sert de combustible. Enfin, il est utilisé comme animal de bât.

Yack sauvage

Le yack est un animal robuste et puissant possédant une longue toison épaisse qui dissimule ses pattes courtes et le protège contre le froid et les intempéries. Sa tête est pourvue de longues cornes pointues d'autant plus dangereuses que le yack se déplace tête baissée. On dit du yack qu'il est timide, craintif et redoutable à la fois. Son caractère est ombrageux et imprévisible. Pour mieux respirer dans un air raréfié en oxygène, il possède un coeur et des poumons très développés et son taux de globules rouges est supérieur à celui des bovins des plaines. Il se nourrit d’herbe. Sa langue rêche lui permet de récupérer la mousse et les lichens qui s’accrochent aux roches. Ses sabots sont larges et durs afin de ne pas trop s’enfoncer dans les marécages l’été, et la neige l’hiver.

Le yack effectue une transhumance saisonnière. L’été, il monte jusqu’à la proximité des neiges. Il redescend l’hiver vers les hautes vallées tibétaines. Le yack mue en été. Sa fourrure hivernale se détache en larges plaques. Malgré sa corpulence, le yack est d'une agilité remarquable, même sur les pentes les plus escarpés. Cependant, il n'est pas à l'aise à une altitude inférieure à 3 000 mètres. Sa longévité en liberté ne dépasse pas 25 ans.

Les yacks vivent en troupeaux. Des hardes constituées exclusivement de femelles et de jeunes d'une part, et d'autre part, des petits groupes de mâles. Les vieux mâles vivent quant à eux en solitaires. Leur grande taille les rend moins vulnérables aux prédateurs. Au début de l’automne, les mâles rejoignent les hardes de femelles durant la période de reproduction. Ils s’affrontent fréquemment lors de violents combats durant cette période. La gestation dure neuf mois. La femelle donne naissance à un seul petit dont elle s'occupe pendant près d'un an.

Les yacks vivent selon une hiérarchie stricte dictée par la loi du plus fort. Un ensemble de codes leur permet de communiquer entre eux. En plus des beuglements et des mugissements, les gestes et les postures servent à communiquer. Par exemple, un animal de haut rang se présentera toujours de face, le cou assez bas et la tête tendue. Dans cette position, ses cornes sont proéminentes et expriment son autorité. Le yack sauvage est en voie d’extinction. On estime sa population actuelle à environ 1 500 bêtes.

Yack domestique

Si le yack sauvage est de plus en plus rare, le yack domestique, moins imposant, est par contre largement répandu en Himalaya. Les nomades tibétains vivent essentiellement de l'élevage du yack. Au Népal, au Bhoutan et en Mongolie, le yack domestique est utilisé comme animal de bât. On l'utilise aussi pour les travaux aux champs mais plus rarement car il n'a pas la réputation d'être un animal docile.

Les yacks font la fierté de leurs propriétaires. On peut le constater à la manière dont ils les bichonnent en les parant de boucles d'oreille, de guirlandes et de colliers pour y accrocher leur cloche. Cela confère sans doute au yack-pa (éleveur de yack) un petit air de prospérité. Chez les Sherpas du Népal, posséder des yacks suscite la considération. Ils conduisent des caravanes de yacks pour transporter du matériel, notamment l'équipement des alpinistes et des trekkeurs sur les sentiers d'approche des hauts sommets.

Le yack-pa marche toujours derrière la dernière bête de la caravane et encourage ses yacks par des sifflements ou des paroles qu'il murmure sans cesse. Si la bête de tête s'arrête, elle reçoit l'ordre d'avancer sur un ton qui ne laisse pas de doute. Si elle n'obtempère pas, un petit caillou lancé adroitement sur son flanc la décidera à poursuivre la marche. Même si cet animal peut porter de lourdes charges sur toutes sortes de terrains, les Sherpas ne lui en demandent pas trop. La charge habituelle se situe normalement entre 100-130 kilogrammes.

Lorsqu'ils ne sont pas au travail, les yacks domestiques vivent en liberté surveillée autour des villages dans les hautes vallées himalayennes ou près des campements de nomades sur le haut plateau tibétain. Ils broutent les herbes éparses dans les alpages de haute altitude. L'hiver, les yacks domestiques vivent à l'extérieur. S'il fait tempête, ils se mettront à l'abri près de la maison ou d'un muret. L'étable est réservée aux jeunes veaux et génisses. Le yack peut endurer une température de - 40 C.

Népal

Yacks accompagnant une expédition de trekking | Népal

 

Hybrides

Plus docile que le yack, le dzo est le mâle hybride issu du croisement entre un yack et une vache ou une nak et un taureau. Le dzo, moins résistant au froid, remplace admirablement bien le yack aux altitudes inférieures. Le dzo est utilisé comme animal de bât et pour les travaux aux champs. Les dzomo produisent plus de lait que les dri.

Note
Yack (yak) : boss grunniens en latin (boeuf qui grogne)
Nak : femelle du yack pour les Sherpas
Dri ou drimo : femelle du yack en tibétain
Dzo, dzoppio ou dzopiok: mâle hybride d'un yack et d'une vache ou d'une nak et d'un taureau
Dzomo, dzom ou zoom : femelle du dzo
Zho ou zo : traduction anglaise parfois utilisée pour désigner l'hybride entre le yack et la vache
Drung : yack sauvage des hauts plateaux du Changthang
Hainag : nom du yack en Mongolie
Yack-pa : celui qui s'occupe des yacks

Crédits photo
Yacks © Sabine Steinmüller
Yacks porteurs au Népal - Ola

 

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