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Le Bhoutan
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Depuis la publication de Lost Horizon en 1933, on a vainement cherché ce paradis mythique, surnommé Shangry La, décrit par le romancier américain James Hilton. Certains visiteurs croient l'avoir trouvé au coeur de ce petit pays que ses habitants nomment Druk Yul... le pays du dragon du tonnerre. Pourtant, les rares Occidentaux qui ont séjourné quelque temps là-bas et qui ont parcouru le pays reconnaissent que, malgré la richesse de sa flore et de sa faune et en dépit de la beauté de ses vallées et de ses sommets enneigés, la vie au Bhoutan est difficile. Le relief et le froid en haute altitude, de même que l'absence de technologies modernes, exigent des éleveurs semi-nomades du nord et des cultivateurs des vallées centrales, un dur labeur pour s'adapter à ce milieu qui n'a de paradisiaque que l'apparence.
Mode de vie Selon Françoise Pommaret (1991), une ethnologue ayant séjourné au Bhoutan en qualité de conseillère du gouvernement, les valeurs traditionnelles imprègnent le mode de vie des Bhoutanais. La plupart des habitants possèdent leur terre et il n'y a pas de famine au Bhoutan. Le bouddhisme est omniprésent et teinte tous les aspects de la vie collective. Les religieux exercent une grande influence sur les affaires de l'État. Une bonne partie de la communauté monastique est d'ailleurs subventionnée par le gouvernement. Le Je Khenpo, l'abbé suprême, est assisté par quatre moines ayant rang de ministre. Bouddha, Guru Rimpoche et d'autres divinités tantriques sont vénérés par la population. Les moines sont influents et très respectés. Ceux qui ne sont pas subventionnés sont soutenus par les populations locales.
Le Bhoutan semble engagé sur la voie du développement et de la modernisation. Un développement que l'on qualifie là-bas de mesuré. La protection de l'environnement et de la culture traditionnelle constituent les priorités du gouvernement. C'est sans doute ce qui explique que le gouvernement pratique une politique restrictive en ce qui a trait au tourisme. En 1997, à peine plus de 5 000 touristes ont pu visiter le pays. Le Bhoutan n'entend pas faire du tourisme, l'un des axes de son développement. Selon Françoise Pommaret, il semble trop tôt pour juger si la politique du développement planifié et mesuré permettra ici d'éviter les erreurs commises ailleurs.
Réfugiés bhoutanais Au début du XXe siècle, de nombreux Népalais sont venus s'établir dans le sud du pays. Vu leur nombre sans cesse croissant, et constatant leur grand attachement aux traditions culturelles de leur pays d'origine, le gouvernement légiféra en 1959 pour interdire leur établissement dans les vallées centrales du pays afin de préserver la culture drukpa. Mouvement
de contestation Mesures coercitives Exil
des immigrés népalais
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Caché dans lHimalaya oriental entre deux géants, la Chine (Tibet) et lInde, le Bhoutan est presque entièrement montagneux. Profondément religieux et soucieux de préserver ses valeurs traditionnelles, le Bhoutan est resté fermé aux étrangers jusquen 1970. Dune superficie de 47 000 km² environ, il compterait aujourd'hui environ un million d'habitants. Cette estimation semble toutefois très approximative.
Géographie Le Bhoutan est habituellement divisé par les auteurs en trois grandes zones géographiques :
Plus au nord encore s'élève le Grand Himalaya avec ses sommets recouverts de neige, ses pâturages alpins où broutent les yaks durant les mois dété et dont la plus haute montagne, le Kula Kangri culmine à 7 554 mètres daltitude formant frontière avec la Chine.
Population La population du Bhoutan est constituée de trois groupes ethniques : les Bothias, les Scharkopas et les Lhotsampas.
Les Lhotsampas sont d'origine népalaise. Ces populations se sont installées au Bhoutan à partir du début du XXe siècle. Habitant le sud du pays, ils sont majoritairement hindouistes, parlent le nepali et obéissent aux prescriptions du système de castes typique de leur pays d'origine. Ils appartiennent aux hautes castes brahmanes et chhetris et, dans une moindre mesure, aux ethnies népalaises gurung, tamang, limbu, rai et sherpa. Ils sont principalement agriculteurs. Contrairement à la situation au Népal où hindouistes et bouddhistes se côtoient dans l'harmonie et la tolérance, ici, les différences culturelles semblent éloigner ces deux communautés. Se sentant même menacée, la majorité drukpa a mis en oeuvre des mesures pour forcer l'acculturation des immigrés népalais. Ces mesures ont eu pour résultat de dépouiller de leur citoyenneté bhoutanaise de nombreux immigrés. Bon nombre d'entre eux se sont vus forcés de quitter le Bhoutan tandis que d'autres ont pris volontairement le chemin de l'exil.
Société traditionnelle Le Bhoutan est une société essentiellement rurale. Près de 90% de la population pratiquent l'agriculture ou l'élevage. Avant 1960, il n'y avait pas de ville au Bhoutan. Depuis, quelques routes ont été construites et quelques villages sont devenus des centres urbains tels Thimphu, Paro et Phuntsholing. Les forêts sont abondantes et des mesures ont été prises pour les protéger. L'industrie a commencé à se développer dans le sud du pays et des voies commerciales ont été ouvertes, principalement avec l'Inde et le Bengladesh. Le
réseau de santé est déficient
en raison du nombre insuffisant de médecins. La mortalité infantile
est élevée tandis que l'espérance de vie est faible, à peine
plus de 50 ans. Le taux d'alphabétisation de la population est
estimé à environ 20%. Avant 1960, il n'y avait pas d'écoles
au Bhoutan, à part les monastères qui dispensaient un
enseignement strictement religieux. Rinchenpong - Paro Le dzong est
un monastère-forteresse
typique du Bhoutan. Le Bhoutan est une monarchie. Le roi Jigme Singye Wangchuck est le chef du gouvernement. Il nomme les ministres, les membres du Conseil royal et les membres des administrations locales. Le pays, aidé par l'Inde et bénéficiant d'une aide étrangère importante, tente de s'adapter au XXIe siècle par une politique de modernisation qualifiée de « voie de développement mesuré ». Le Bhoutan veut relever le défi du développement en sauvegardant ses valeurs et son héritage culturel tout en préservant l'environnement.
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