Le Ladakh est une vaste région située dans la partie
nord du Jammu-et-Cachemire indien. D'une superficie d'environ 60 000 km²,
le Ladakh est constitué de chaînes montagneuses et de
hauts plateaux désertiques enserrés entre la chaîne
du Karakoram au nord et celle de l'Himalaya au sud.
Pays
au climat qualifié de semi-désertique, le Ladakh
est drainé par le fleuve Indus, qui le traverse d'est en
ouest, et par les rivières Shyok et Nubra, ses principaux
affluents. Quatre chaînes montagneuses ont sculpté son
relief : le Grand Himalaya au sud ; la chaîne du Zanskar
un peu plus au nord ; la chaîne du Ladakh encore plus
au nord ; la chaîne du Saser enfin, appartenant à la
haute chaîne du Karakoram.
Carte
du Ladakh
Géographie
Le
Ladakh est habituellement divisé par les spécialistes
en quatre ou cinq régions :
le Ladakh
central, au nord, enveloppant
la vallée de l'Indus où se trouve Leh, la capitale ;
les
vallées des rivières Shyok
et Nubra modérément
peuplées, jouissant d'un climat relativement doux (haut
Ladakh) ;
le Purig ou
bas Ladakh au climat tempéré, à l'ouest, comprenant
la région de Kargil près de la frontière indo-pakistanaise ;
le Rupshu au
sud-est, une région de hauts plateaux excédant un
peu 4 000 mètres, au climat froid, habitée par
des populations nomades ;
enfin
au sud, le Zanskar,
une région au climat extrêmement rigoureux isolée
une grande partie de l'année parce que la neige rend les
cols impraticables.
Histoire
Les
premiers habitants du Ladakh seraient venus de l'Inde. Des Tibétains
sont venus s'y installer aux VIe et VIIe siècle. Ils y
fondèrent un royaume et y construisirent de nombreux monastères
pour y faire rayonner le bouddhisme. Au
cours de son histoire, le Ladakh a fait l'objet de nombreux conflits
territoriaux. Ce royaume de culture tibétaine, d'abord autonome,
fut conquis par le Tibet dans sa
période
de gloire. Il fut intégré à l'Inde sous l'Empire
britannique. Après l'indépendance de l'Inde, il a
fait l'objet de la convoitise de ses voisins, le Pakistan et la
Chine. En 1949, la partie nord-ouest du Ladakh est passée
sous administration pakistanaise. En 1962, c'était au tour
de la Chine de prendre le contrôle de l'Aksaï Chin,
la pointe nord-est du Ladakh.
Culture
Tandis
que le Rupshu, le Zanskar, la vallée de la Shyok et celle
de la Nubra sont de culture tibétaine, le Purig à l'ouest
est habité par des Baltis parlant un dialecte tibétain
mais convertis à l'islam. C'est d'ailleurs au Purig, dans
la région de Kargil, que prend fin l'aire himalayenne tibétaine.
On estime qu'environ 60% de la population du Ladakh est de culture
tibétaine. Le bouddhisme tibétain est à ce
point enraciné au Ladakh qu'on le surnomme parfois le petit
Tibet. Moine
ladakhi
Au Ladakh, les gompas
sont partout présents. On les trouve
le plus souvent juchés à flanc de montagne. Le monastère
de Lamayuru est le plus ancien et sans doute le plus célèbre
de tous. Celui de Phuktal à Padum, chef-lieu du Zanskar, est
quant à lui, le plus pittoresque. Comme partout en pays tibétain,
les paysages du Ladakh sont parsemés de chortens, de drapeaux à prières
et de murs mani.
Monastère
au Ladakh
Modes de vie
Le
haut Ladakh est habité par des populations sédentaires
installées dans les oasis sur le parcours des rivières
Shyok et Nubra. On y cultive de l'orge,
du blé, de la moutarde. Leh, la capitale du Ladakh, est
située
dans la vallée de l'Indus. Elle fut longtemps une plaque
tournante du commerce transhimalayen entre l'Inde, le Tibet et
l'Asie centrale.
Les échanges commerciaux ont nettement diminué depuis
l'annexion du Tibet par la Chine en 1959.
Le Rupshu est parcouru par les changpas,
ces pasteurs nomades qui se déplacent de pâturages en
pâturages avec leurs troupeaux de chèvres, de moutons
et de yaks.
Au
Zanskar, l'hiver dure sept à huit mois. Le pays est alors
isolé sauf pour quelques temps, lorsque la rivière
Zanskar (Tchadar) gèle et ouvre ainsi une voie de passage
vers le Ladakh central, permettant aux habitants d'aller s'approvisionner à Leh.
Ces voyages sont dangeureux car sous la glace coule une rivière
déchaînée.
Le
Tchadar
La
vie des Ladakhis est rythmée par deux saisons : un été chaud
et un hiver froid et long. L'été, les sédentaires
travaillent aux champs. Après la récolte,
vient le temps du filage et du tissage. Les nomades, quant à eux,
possèdent
très
peu de biens à part
leurs tentes, leurs troupeaux, leurs vêtements et quelques effets
d'usage courant. Ils tirent leur subsistance de
la laine,
des peaux
et du beurre qu'ils échangent
contre des céréales, des étoffes, des épices
et du thé. Chorten
au Zanskar
Le
mode de vie traditionnel des Ladakhis est toutefois en voie de
transformation. L'ouverture
au tourisme et un meilleur accès
aux biens de consommation modifient peu à peu les coutumes.
Mais, selon plusieurs auteurs, certains villages isolés
et les vieux monastères accrochés à flanc de montagne permettraient
encore aux visiteurs de passage un fabuleux retour dans le temps
et une incursion empreinte d'émotions au coeur du bouddhisme lamaïste.