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Le Tibet
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L'influence du Tibet
Le Tibet a exercé une influence énorme dans la région himalayenne. Tandis que sa culture a essaimé partout dans le haut Himalaya et est encore bien vivante au Népal, au Bhoutan, de même qu'au Sikkim, au Ladakh, au Zanskar et dans d'autres régions du nord de l'Inde (Spiti, Lahaul et Kinnaur), aujourd'hui, paradoxalement, la mère-patrie est menacée de sinisation.
Le Tibet est-il chinois ? Le Tibet a connu, au cours de son histoire, de longues périodes de divisions internes. Les puissantes sectes religieuses ont souvent rivalisé entre elles pour accroître leur pouvoir. La théocratie tibétaine aurait même demandé l'aide de l'Empire chinois pour consolider son pouvoir. Au début du XVIe siècle, sous l'Empire Mandchou, le Tibet aurait même constitué un protectorat chinois. La révolution chinoise de 1911 a compromis l'autorité des Mandchous à Lhassa. Le XIIIe Dalaï-Lama s'empressa de réaffirmer lindépendance du Tibet et chassa les Chinois hors des frontières. Les autorités chinoises prétendent que le Tibet fait partie intégrante de la Chine depuis le XIIIe siècle sous la dynastie mongole des Yuan. Cette prétention n'aurait aucun fondement historique. En effet, des tibétologues imminents reconnus mondialement affirment, dans « Le Tibet est-il chinois ? » (2002), que la Chronique des Yuan, un document historique officiel, ne fait nullement figurer le Tibet parmi les possessions chinoises. Plus récemment, l’éminent historien Ge Jiangxiong, Directeur de l’Institut de géographie historique et du Centre de recherches pour les études d’histoire et de géographie de l’Université Fudan de Shanghaï, affirmait dans un article paru dans le China Review Magazine que prétendre que le Tibet a toujours fait partie de la Chine est un mensonge historique. Sous la dynastie Tang, du VIIe au Xe siècle, le plateau Qinghai-Tibet était gouverné de façon indépendante par des monarques Tubo/Tufan, rappelle Ge Jiangxiong. Ce n’est que sous la dynastie mandchoue des Qing, au cours du XVIIème siècle, que s’exprima véritablement la prétention impériale à la souveraineté sur le plateau tibétain. Toutefois, en 1912, lors de la création de la République de Chine, l'entité géographique « Chine » (Zonghhuo) n’était pas précisément définie sur le plan territorial et se référait tantôt à l’empire Qing, tantôt aux « dix-huit provinces intérieures », excluant la Mandchourie, la Mongolie, le Xinjiang (Turkestan oriental) et le Tibet. (Source: Agende de presse indienne Daily News Agency, février 2007)
La libération du Tibet ! En 1950, lArmée populaire de libération marche sur le Tibet oriental. À Lhassa, il faut faire vite. Le XIVe Dalaï-Lama est intronisé à 16 ans. La Chine justifie ainsi son intervention : le Tibet est un pays féodal où règne le servage ; les moyens de production appartiennent à une petite noblesse et aux sectes religieuses, doù la nécessité de libérer ce peuple asservi. Il est urgent que le Tibet réintègre la mère-patrie. Mal préparés, les Tibétains ne peuvent lutter efficacement contre cette invasion. Larmée chinoise entre à Lhassa sans difficulté en 1951.
Les réfugiés tibétains En 1959, craignant le pire, les conseillers du Dalaï-Lama lui demande de fuir le pays. Déguisé en soldat, il prend le chemin de l'exil. Environ 100 000 Tibétains imiteront son geste au cours des années suivantes. L'Inde propose au Dalaï-Lama de s'installer à Dharamsala. Un Gouvernement du Tibet en exil y est mis sur pied. Il se donne pour mission de sauvegarder les traditions religieuses et culturelles tibétaines et de défendre la cause du Tibet sur les tribunes internationales. En mettant sur pied des écoles, un Centre d'archives, un Institut de médecine traditionnelle et d'astrologie, un Centre d'arts tibétains, Dharamsala est devenu le centre pour le maintien de l'identité culturelle tibétaine. Aujourd'hui, on estime à 130 000 les réfugiés tibétains en exil dont 100 000 en Inde. Le Népal, le Bhoutan, la Suisse, les États-Unis, le Canada et la France ont aussi accueilli de nombreux réfugiés tibétains.
Le transfert de population Réalisant que la cause tibétaine jouissait d'un support de plus en plus important sur la scène internationale, les « faucons » chinois préconisèrent de mettre de lavant une politique de transfert de population chinoise au Tibet afin de modifier radicalement le rapport de forces. A quoi servira une opinion internationale favorable au Tibet si celui-ci se retrouve irrémédiablement transformé sans retour possible en arrière ? Et à moyen terme, la nouvelle génération de Tibétains, moins influencée par la religion, ne va-t-elle pas reconnaître les bienfaits de lintégration du Tibet au territoire national ? Le temps jouera en faveur de la Chine dautant plus que laxe États Unis, Europe, Japon ne semble pas désireux de recourir aux sanctions pour infléchir la politique chinoise. Telle fut la stratégie chinoise pour contrer l'action du Gouvernement du Tibet en exil.
La question du Tibet La situation du Tibet soulève des questions majeures : liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes, menace de disparition d'une culture unique, occupation d'un pays sous prétexte de sa libération, respect des droits de l'homme. La révolution culturelle chinoise, qui a balayé toute la Chine, a eu au Tibet des conséquences terribles en s'attaquant notamment aux élites du pays. Des milliers de Tibétains, parmi lesquels de nombreux moines bouddhistes, ont été torturés, emprisonnés et exécutés. La grande majorité des monastères ont été détruits. Après la mort de Mao Zedong, la Chine a quelque peu assoupli sa politique vis-à-vis le Tibet, en poursuivant toutefois ses efforts de colonisation. Malgré les efforts du Gouvernement du Tibet en exil et des nombreux intervenants sur la scène internationale appelant la Chine à négocier un statut particulier pour le Tibet, les Chinois demeurent inflexibles sur la question du Tibet.
Lectures Vous voulez en savoir plus sur la situation
du Tibet ? Consultez les excellents ouvrages suivants :
Associations pour le Tibet Plusieurs associations se sont donnés pour mission de sensibiliser l'opinion publique à la question tibétaine et de venir en aide au peuple tibétain. Si cette question vous tient à coeur, consultez les liens ci-dessous.
Sites externes
Photos :
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Tibet ethnique Le Tibet ethnique, historique disent certains, correspond aux frontières d'avant l'annexion chinoise. Il est constitué de hauts plateaux, d'une altitude moyenne de 4 000 mètres, traversés par de nombreuses chaînes de montagnes. Au nord, le Changtang représente quelque 430 000 km² de hauts plateaux, de lacs et de chaînes montagneuses. Certaines zones y sont qualifiées de plus effroyables déserts du globe. Peu peuplée, cette région est le domaine des nomades. Le Ngari, à l'ouest, une contrée plus clémente, recèle deux grands lieux sacrés : le mont Kailash et le lac Manasarovar. Les bouddhistes viennent y faire la kora, un grand pèlerinage s'étirant sur plusieurs jours. L'Amdo, au nord-est, regroupe des régions plus verdoyantes où alternent sommets, zones marécageuses et hauts plateaux. Les N'Goloks y font paître leurs troupeaux. Au sud-est, le Kham bénéficie de la mousson : chaînes de montagnes, forêts, plateaux herbeux, hautes vallées et grands fleuves s'y succèdent. Le Kham, parcouru par des tribus nomades, comporte aussi des zones de cultures. C'est le pays des cavaliers khampas qui se sont souvent opposés au pouvoir de Lhassa. Au sud enfin, traversé par
le Yarlung Tsampo (Brahmapoutre), le Ü et
le Tsang regroupés
constituent la région-mère du Tibet, ou Tibet central.
Cette région jouit de conditions climatiques plus favorables
et l'agriculture y est relativement prospère. C'est dans cette
région qu'émergèrent les villes de Shygatse, de
Gyantse et de Lhassa, devenue capitale avec la construction, au XVIIe
siècle, du Potala, palais-forteresse et cité monastique
abritant le centre administratif et religieux du pays. Autour de ces
centres urbains vit une population agricole pratiquant l'élevage
de yaks et de moutons et la culture de l'orge, du blé et de
quelques variétés de légumes.
Visages du Tibet
Champs cultivés au Tibet central et steppes froides et arides du haut
Modes de vie La société tibétaine s'articule autour de deux modes de vie complémentaires, celui des rongpas et celui des drokpas, ou ceux des vallées et ceux des hauts plateaux. Les premiers, sédentaires, sont cultivateurs. Les seconds, nomades ou semi-nomades, vivent de l'élevage du yak, du mouton et de la chèvre, sur les hauts plateaux du Changtang notamment. Ils échangent beurre, fromage et laine contre de l'orge et quelques variétés de légumes cultivés par les agriculteurs sédentaires. Le
bouddhisme tantrique constitue le troisième axe sur lequel repose
l'organisation sociale du Tibet. Les gompas (monastères)
y sont omniprésents et leur rayonnement est indubitable. La
vie civile et la vie religieuse y sont intimement liées. Les
moines, soutenus par la population, veillent au bien-être des
familles en accomplissant des rites censés protéger les
récoltes et les troupeaux. Ils instruisent les enfants dont
bon nombre viendront joindre les rangs des communautés monastiques.
Ils organisent les grandes fêtes religieuses, auxquelles participent
les familles, autant d'occasions pour célébrer les mystères
et les saints bouddhistes, raffermir la foi et cimenter le tissu des
relations sociales.
Influence chinoise La colonisation chinoise s'est cantonnée jusqu'à récemment aux plus grandes villes. Les Chinois y sont désormais majoritaires. Les hautes vallées par ailleurs sont restées tibétaines. Alors que les Chinois installés au Tibet étaient jadis militaires, commerçants et artisans, aujourd'hui ils sont aussi cultivateurs et commencent à s'établir dans les basses vallées. À la différence des Tibétains de souche, leurs cultures portent le sceau du modernisme : cultures sous serres de légumes, outillages mécanisés, etc. On estime à environ 20%, la présence chinoise au Tibet central. Dans
les anciennes provinces du Kham et de l'Amdo du Tibet ethnique, les
Chinois se contentent d'y mener des incursions pour contrôler
la croissance des monastères, qu'ils considèrent comme
des foyers de résistance. Et aussi, sporadiquement, pour y mener
des actions de police chez les Khampas, qui n'ont rien perdu de leurs
habitudes de « brigands-gentilshommes » alors
que le vol de bétail
entre tribus serait encore relativement fréquent. Les fiers
Khampas ont aussi la réputation d'être des résistants
acharnés aux envahisseurs chinois, qu'ils ont jadis combattus
en menant des actions de guérilla.
Efforts de modernisation L'annexion du Tibet par la Chine a donné lieu aux pires atrocités. Toutefois, elle n'a pas eu que des effets négatifs. Des écoles ont été construites de même que des hôpitaux. À l'exception des monastères, qui dispensaient un enseignement essentiellement religieux, il n'y avait à toutes fins pratiques pas d'écoles au Tibet. Il n'y avait pas non plus d'hôpitaux véritables. On y pratiquait la médecine traditionnelle. Des infrastructures urbaines ont été mises en place pour améliorer les conditions de vie et favoriser le développement. Quant aux questions environnementales, la Chine semble avoir compris l'importance de s'attaquer au problème de la déforestation qu'elle a elle-même provoqué. Des programmes de reboisement ont été mis en oeuvre et des réserves naturelles ont été créées, notamment au Changtang. Malgré les
affirmations du Service d'information du Gouvernement du Tibet en exil,
niant que des progrès significatifs aient été réalisés
au Tibet sous l'autorité des Chinois, Lewis M. Simons (2002),
a pu y constater récemment la naissance d'une classe moyenne.
L'influence de la modernité atteindrait même certaines
régions éloignées. Considérant qu'avant l'arrivée
des Chinois, le Tibet était une société quasi-féodale,
certains gains sont donc indéniables. Mais les Tibétains
semblent d'avis que l'assimilation qui les menace
représente
un prix trop élevé à payer en contrepartie.
Sinisation du Tibet La détermination et le courage légendaires des Tibétains continuent, malgré l'adversité, à s'exprimer par la voix de leur chef spirituel en exil, le Dalaï-Lama, qui se dit prêt à négocier une autonomie pour son pays associée à une reconnaissance de l'autorité de la Chine en matière d'affaires extérieures et militaires. Cette proposition ne fait cependant pas l'unanimité au sein des élites tibétaines. Pendant ce temps, la Chine poursuit sa politique de colonisation... et les enfants tibétains au Tibet central parlent de plus en plus la langue chinoise... !
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