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À la découverte du
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Organisation sociale - Le
Népal est une société de castes. Puisant ses racines
dans le système de castes indien, le système de castes
népalais, codifié officiellement au XIVe siècle,
exerce toujours, malgré son abolition par le Gouvernement en 1963,
une influence majeure sur le comportement des gens et les rapports sociaux
au sein de la société népalaise. Les castes se fondent
sur le principe de la pureté comme critère de différenciation
sociale : les castes supérieures sont considérées
pures, les castes inférieures moins pures tandis que les « hors
castes » sont jutho disent les Népalais, c'est-à-dire
impurs. Les hors- castes, appelés harijan en Inde et dalit au
Népal, souffrent de discrimination systémique.
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Le système de castes Les Indo-Népalais, ceux que Marc Gaboriau (1995) désigne par l'expression « gens de castes », vivent au sein de communautés strictement hiérarchisées en castes. Ce système a profondément marqué la mentalité des Népalais. L'appartenance à la caste constitue sans doute le point de repère identitaire le plus significatif pour les Indo-Népalais. Comme en Inde, la caste est héréditaire : on naît dans une caste. La caste est endogame : on s'y marie avec une personne de sa caste. Elle dicte la conduite à adopter avec ses semblables et, plus important encore, avec les gens des autres castes. La caste des Brahmanes (Bahun) et celle des Chhetris sont des castes considérées pures. Ces castes dominent la société népalaise tandis que les nombreuses autres castes professionnelles se distinguent assez peu de nos jours des hors-castes. Les Brahmanes, situés au sommet de la hiérarchie, sont les seuls à pouvoir exercer des fonctions religieuses. Les Chhetris, deuxième caste dans la hiérarchie, occupent des fonctions dans l'administration et l'armée et sont politiquement influents. Les castes « pures » Des castes sont considérées pures, tandis que dautres ne le sont pas. Cette notion de pureté a des répercussions observables tant au plan de la pratique religieuse qu'en ce qui a trait aux comportements de tous les jours. Les membres dune caste « pure » ne peuvent accepter de l'eau ni manger des aliments préparés ou servis par un membre dune caste inférieure. Même les lieux où la nourriture est préparée doivent être gardés purs. Les gens des castes inférieures ne doivent pas y pénétrer ni même toucher les récipients qui contiendront la nourriture. Après le rituel consistant à purifier lendroit où se prendra le repas, on mange avec les doigts de la main droite, la gauche étant impure. Les hors-caste ou « intouchables » De nombreuses personnes sont considérées impures. Ce sont les hors-castes ou « intouchables » désignés dalit au Népal. Les membres des hautes castes ne peuvent les toucher, ni même toucher ce qui a été touché par eux, sans se souiller. Il s'agit des gens qui ont pour métier des tâches considérées impures. Les bouchers, cordonniers, chaudronniers, balayeurs, tanneurs et autres travailleurs exerçant des métiers similaires sont des hors-castes.
Le système clanique Les ethnies tibéto-népalaises n'adhèrent pas au système de castes hindouiste. Leur organisation sociale repose plutôt sur une division de la société en clans.Hiérarchisation La hiérarchisation des groupes sociaux et la notion de caste ne sont pas pour autant totalement absentes de leur mode d'organisation sociale. Ainsi, certaines ethnies sont considérées supérieures à d'autres dans l'échelle sociale. Leur rang diffère souvent d'une région à l'autre dépendant de leur importance relative dans la région et de l'influence qu'elles y exercent. De plus, la perception qu'elles ont de leur rang social ne correspond pas toujours à la perception qu'en ont les populations indo-népalaises ni les autres ethnies. Au sein d'une même ethnie, certains clans sont considérés supérieurs à d'autres. En outre, certains groupes semblent appliquer, notamment au regard de certains devoirs religieux, la notion de « pureté » comme élément de différenciation sociale. Puisqu'il leur est défendu de tuer les animaux, les bouddhistes feront souvent appel à des yawa (boucher), pour faire ce travail. Ces personnes sont, de facto, assimilées à une caste impure en raison du métier qu'elles exercent.Hindouisation Plusieurs ethnies tibéto-birmanes se sont plus ou moins assimilées à la culture dominante. Les Newars, premiers habitant de la vallée de Katmandou, se sont largement hindouisés. Ce groupe obéit cependant aux prescriptions de son propre système de castes. Ailleurs dans les moyennes montagnes, où les Indo-Népalais sont nettement majoritaires, certains groupes, notamment les Magars et les Rais, sont de plus en plus influencés par l'hindouisme et adoptent graduellement les coutumes de la majorité. Ceci illustre bien toute la complexité du monde des castes au Népal.
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Castes et groupes ethniques
Lors de leur établissement au Népal, les populations indo-aryennes y instaurèrent leurs institutions, notamment leur système de castes. Ne sachant reconnaître les rapports sociaux en dehors de ceux prescrits par l'appartenance à la caste, les familles de statut élevé appartenant aux ethnies autochtones se virent assignées à la caste chhetri. Les autres furent assimilées aux gens de castes inférieures, créant ainsi un chevauchement entre castes et groupes ethniques. Dès lors, en s'adaptant à la réalité multiethnique du Népal, le système de castes népalais s'est distingué de celui de l'Inde, en comportant un nombre moindre de castes et une plus grande fluidité entre elles. Les mariages intercastes par exemple sont tolérés par les castes supérieures dans certaines situations. Toutefois, les règles s'appliquant à l'alimentation, notamment au don de l'eau, sont rigoureusement observées.
Anachronisme des castes Initialement, le système de castes reflétait l'organisation hiérarchique des responsabilités sociales et du travail et, conséquemment, la classification des professions, métiers et tâches selon leurs rapports avec ce qui était considéré pur et impur. Depuis l'abolition du système de castes, les nouveaux métiers ne sont plus codifiés. Par ailleurs, contrairement aux anciennes coutumes, les gens exercent de moins en moins le métier de leurs parents. Aussi, l'appartenance à une caste a de moins en moins de signification par rapport à son sens originel. Le Brahmane (Bahun) n'est pas nécessairement prêtre, il peut tout aussi bien être cultivateur ou cadre dans l'administration publique. Mais ses devoirs de castes et les interdits touchant sa caste demeurent les mêmes. Ainsi, malgré ses dysfonctions et surtout, son absence d'assise légale, le système de castes n'en continue pas moins d'avoir une influence prépondérante sur les comportements et les rapports sociaux. Des transgressions, variant d'une communauté à l'autre, sont toutefois davantage tolérées. En général, les petits villages reculés sont plus soucieux du respect de l'orthodoxie que les grandes villes comme Katmandou. Les mécanismes de contrôle social auxquels sont soumis leurs habitants y sont beaucoup plus efficaces.
Polyandrie fraternelle Comme ailleurs en Himalaya, la polyandrie fraternelle, où plusieurs frères partagent une même épouse, a longtemps été pratique courante chez les ethnies tibéto-birmanes. Maurice Piraux (1987) explique que cette coutume avait notamment pour but de limiter le morcellement du patrimoine familial, une réalité difficilement compatible avec la pratique d'une économie de subsistance. Quoique rare, la polyandrie serait encore pratiquée de nos jours dans certaines régions reculées du Népal.
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