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Site dédié à l'Himalaya au Népal et au trekking |
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Un
grattement sur la tente suivi d'un murmure... « Tea Sir ». Dunde, un Sherpa dune
quinzaine dannées, neveu du chef-cuisinier Jangbu, nous
apporte le chiya. Cette boisson, que l'on nous servira à satiété,
est faite de thé additionné de beaucoup de lait chaud très
sucré.
Suivent les bassines deau
chaude pour la toilette matinale. Je fais de mon mieux dans les circonstances.
Chiya et porridge Mettant
trop de temps à boucler mes bagages, jarrive à la
longue table dressée en plein milieu du camp, alors que les
coéquipiers,
pour la plupart, achèvent leur petit déjeuner. Les ufs ?
Cest
trop tard ce matin et, de toutes façons, je nai pas très
faim. Porridge, rôties, confiture et chiya feront très
bien laffaire. Comme le chiya, le porridge fera aussi
partie des aliments de base tout au long du trek. Jean-Guy s'en lassera
vite.
C'est pourquoi, à tous les matins, à l'heure du petit
déjeuner,
dès que les aides-cuisiniers apparaîtront, il y aura toujours
un coéquipier pour suggérer à Jean-Guy de ne pas
oublier sa ration de porridge.
Tout autour, cest une véritable fourmilière. Alors que Jangbu prépare les dernières rôties, les guides sherpa achèvent de démonter les tentes et préparent les charges pour les porteurs. Tandis quune bonne partie du matériel de camping est acheminée à dos de yaks, sur cette première partie de litinéraire, nos sacs sont transportés par des porteurs. Des Raï et des Tamang pour la plupart. Ces
derniers, plutôt minces et pas très grands, empilent
les bagages de deux trekkers, parfois trois, sur un doko
Par ponts et par vaux Partis peu après les porteurs, nous marchons sur un sentier en balcon longeant la rive ouest de la rivière Dudh Kosi, qui sinue bruyamment 100 mètres plus bas en une suite ininterrompue de torrents dun bleu laiteux. Le flanc de la montagne est tapissé de pins et de rhododendrons. À la hauteur de Toktok, la vue sur le Thamserku (6 623 m), loin au nord-est, est magnifique. Après le village de Bengkar, nous traversons sur la rive est de la Dudh Kosi en empruntant un pont suspendu et montons sur Chomoa toujours en longeant la rivière. Forêts de rhododendrons, de magnolias et de conifères se succèdent. Dépassé le bourg de Monjo (Monoj), il faut s'arrêter au check point contrôlant l'accès au Sagarmatha National Park. Sagarmatha est le nom que porte lEverest au Népal. Un soldat, mitraillette en bandoulière, se tient près de la clôture qui barre le sentier. Pendant quun officier contrôle les passeports et permis de trekking, nous faisons la pause. Une
longue descente abrupte et caillouteuse nous amène au fond de la vallée
où coule
la Dudh Kosi, que nous traversons à nouveau en empruntant
un long pont suspendu. La piste traverse Jorsale
(Thumbung), un petit village pittoresque
où les lodges semblent particulièrement bien tenus. Jorsale est le
dernier village avant Namche Bazar, notre destination aujourd'hui.
Le sentier traverse à nouveau
sur la rive est de la rivière
et longe la berge où nous nous arrêtons pour le déjeuner.
Adossé à une
grosse pierre faisant face au soleil, je me repose pendant
que l'équipe
d'intendance prépare
le déjeuner.
Je n'ai pas vraiment
faim mais m'efforcerai de manger pour éviter la panne
sèche dans la première
véritable montée
du trek toute proche.
Vision époustouflante À la file indienne, nous nous engageons dans une raide montée. À la confluence de la Dudh Kosi et de la Bhote Kosi, une rivière arrivant de l'ouest... vision époustouflante. J'ai l'impression d'être figurant dans un film à la Indiana Jones. Devant nous, une longue passerelle étroite enjambe une gorge faisant plus de 100 mètres de profondeur. De l'autre côté du pont, le sentier se perd dans la forêt. Nous nous engageons sur la passerelle. Elle craque et ondule sous les pas des marcheurs. Déstabilisé par moment, je ralentis le pas et magrippe au câble de suspension latéral qui sert également de rambarde. Mais il ny a pas de temps à perdre. Je repars aussitôt. Je me sens grisé par la succession des images et des sensations qui massaillent de toutes parts. Non, ce n'est pas un film, ni un décor de carton-pâte. Ce pont est bien là sous mes pieds. Justement, finissons-en avant que je nentende le tintement des cloches à yaks annonçant larrivée dune caravane.
Montée sur Namche Commence sous un soleil de plomb, la longue montée menant à Namche Bazar (Nauche ou Nauje disent les Sherpas). D'abord abrupte, la pente s'adoucit quelque peu à mi-chemin. Nous montons maintenant en lacets à travers une forêt de conifères ombragée. Dans une boucle, lEverest se laisse apercevoir au loin derrière la crête du Nuptse. Cette vue sur lobjectif ultime de lexpédition me fait écarquiller les yeux. Est-ce possible ? Il est là, dans toute sa majesté, entouré de montagnes tout aussi impressionnantes. Là où la terre rencontre le ciel. Je réalise en même temps toute la distance à parcourir sur ces sentiers caillouteux, poussiéreux et pentus qui me font de plus en plus souffler. Dans
leffort, le groupe séparpille.
La montée est difficile. Mal de tête, étourdissements,
fatigue. Sans doute les premiers effets du gain rapide d'altitude.
France arrive
derrière moi. Mêmes symptômes. Nous avons le souffle
court et parlons peu. Le discours est saccadé. Nous repartons
et croisons Benoît qui s'est arrêté. Il trouve
la montée difficile aussi. Je continue
à grimper. Je m'arrête de plus en plus souvent
pour reprendre mon souffle. La
respiration reste
néanmoins haletante. Je me sens fatigué. Je n'arrive
pas à maintenir un rythme qui m'éviterait
ces trop nombreux « stop and go ». À la
vitesse de la tortue, je me traîne les pieds dans cette pente
qui nen
finit plus. Et pourtant, jen suis seulement à mon deuxième
jour de trek, à une altitude dépassant à peine
les 3 000 mètres. Ouach ! Quelle folle pensée
que celle-là ! Vite en marche. Je
monte et monte encore. Au loin, la vue de quelques maisons me donne
un petit regain dénergie.
Je presse le pas tant bien que mal !
Le nid de coucous Enfin, le village. Appuyé sur mes bâtons, le souffle court, je regarde Pascal qui m'indique un endroit dans le flanc de la montagne sur laquelle le village est adossé. « Quoi ! On ne s'arrête pas ici » dis-je à Pascal avec étonnement. « Non, répond-il, l'emplacement du camp est en haut sur l'une des petites terrasses que l'on voit sur la gauche. » Hum ! Pourquoi fallait-il aller se percher sur un nid de coucous après une journée pareille. Grimpons qu'on en finisse enfin. Le pas est lent et je dois marrêter fréquemment. Où est donc passée la forme physique que j'ai développée mois après mois en y mettant autant d'effort ? J'ai peine à grimper. Appuyant plus fort sur mes bâtons de marche, je pense, pour faire diversion, à la chanson de Robert Charlebois Si javais les ailes dun ange. Gauche, droite, encore un peu, japproche. Jy suis enfin sur cette damnée terrasse. Je massoie lourdement par terre. Long soupir. Les tentes sont déjà installées le long de l'étroite terrasse tout en haut du village. Nos bagages y ont été déposés. Les porteurs et les yaks ont été plus rapides que nous. Comment font-ils enfin ? Assis au bord de la terrasse, je regarde en bas. Il ne peut y avoir plus belle vue sur Namche Bazar au couchant. Le nid de coucous, cétait donc pour ça !
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Accueil
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Phakding - Monjo La première étape de cette journée consiste en une randonnée fort plaisante. Le sentier sinue d'une rive à l'autre de la Dudh Kosi, traverse des petits villages et nous conduit à l'entrée du Parc National Sagarmatha. On peut compter environ 3 heures pour atteindre Jorsale.
Jorsale Nombreux sont les trekkers et les porteurs s'arrêtant à Jorsale avant d'entreprendre la longue montée sur Namche Bazar. On y trouve plusieurs lodges, maisons de thé et petites boutiques.
Ponts sur la Dudh Kosi Les ponts sur cette partie de l'itinéraire ont, pour la plupart, été refaits. On peut voir à l'occasion ce qui reste des vieux ponts malmenés par la crue des eaux et le débordement de lacs glaciaires de même que quelques passerelles qui ont fait leur temps. D'une hauteur impressionnante, le pont à la confluence de la Dudh Kosi et de la Bhote Kosi a été construit par les Suisses en 1989. C'est par ce pont que l'on accède au Khumbu et c'est ici que commence la longue montée sur Namche Bazar.
Montée sur Namche Bazar Chez
de nombreux trekkers, les premiers symptômes généralement associés
au mal d'altitude apparaissent souvent lors de la montée sur
Namche Bazar. Lorsque l'on part de Phakding le matin, le gain d'altitude
est considérable
durant cette journée : 800 mètres dont 600 dans
cette seule montée (Jorsale-Namche Bazar). Il est judicieux
de faire une halte prolongée à peu près à mi-chemin
dans la côte tout en profitant d'une vue lointaine sur l'Everest
si le ciel est dégagé. Il y a habituellement attroupement à cet
endroit. À noter qu'il n'y a aucun lodge ni teahouse entre
Jorsale et Namche Bazar.
Mur mani Les murs mani (mendan) constituent l'un des éléments typiques du paysage dans les régions bouddhistes. On les rencontrent principalement à l'entrée des villages. Les mendan étant sacrés, on doit toujours les contourner par la gauche. Passer à droite est offensant pour les Sherpas. Pour un Sherpa, contourner un mur mani équivaut à réciter toutes les prières gravées sur chacune des pierres qui le composent. Celui qui y a posé sa pierre gravée (mani) bénéficie aussi des prières de tous ceux qui contournent le mur.
Sagarmatha National Park
Protection de l'environnement Le
Khumbu Environmental Conservation Committee a pour mission de
veiller à la protection de l'héritage
culturel
et naturel du Khumbu. Présidé par l'Abbé (Rimpoche)
du monastère de Tengboche, le Comité a investi
effort et ressources pour améliorer la situation notamment
en ce qui a trait à la
disposition des déchets. Il mène de plus de nombreuses
campagnes afin de sensibiliser les populations locales à l'importance
de l'utilisation efficace des sources
d'énergie et de
la protection
du milieu. Considérant
les contraintes que représentent pour les populations
locales les mesures mises de l'avant, il est d'importance
capitale
que
les
trekkers
se responsabilisent et, en toutes circonstances, se comportent
en personnes respectueuses de l'environnement et de la culture
du
peuple
sherpa.
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