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Expéditions sur l'Everest
Depuis sa conquête, les expéditions sur l'Everest se succèdent à un rythme effrèné. Elles prirent d'abord l'allure d'une course entre nationalités : les Suisses en 1955, les Chinois en 1960, les Américains en 1963, les Indiens en 1965, les Japonais en 1970, les Yougoslaves en 1979, et ainsi de suite. Les alpinistes ont grimpé la montagne en empruntant ses différentes faces et arêtes ouvrant ainsi une quinzaine de voies se distinguant les unes des autres par au moins une section du parcours. Aujourd'hui, des expéditions « commerciales » conduisent au sommet, pour beaucoup d'argent, des amoureux de haute montagne pas toujours suffisamment expérimentés !

 

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Le sommet sans oxygène

Mont EverestL'usage d'appareils à oxygène sur l'Everest a suscité de vifs débats. Jugée anti-sportive par certains, plusieurs alpinistes en sont venus à considérer cette pratique comme un mal nécessaire. Des études réalisées au début des années 1960 semblaient indiquer qu'au sommet de l'Everest, la quantité d'oxygène que l'homme parvenait à respirer suffisait à peine à le maintenir en vie au repos et serait donc insuffisante en situation d'effort extrême. Pourtant, dans les années 1970, les plus grands défenseurs de l'école « minimaliste », Peter Habeler et Reinhold Messner, firent connaître leur projet de se rendre au sommet de la montagne sans apport d'oxygène.
Le mont Everest

En 1978, après une première tentative, alors que Habeler semblait prêt à reconsidérer son choix de ne pas recourir à l'oxygène, Messner déclara qu'il était plus important pour lui de se rendre le plus haut possible sans oxygène que d'atteindre le sommet en y ayant recours. Le 8 mai, ils mirent deux heures uniquement pour se vêtir et grimpèrent pendant huit heures pour gravir les derniers 800 mètres d'altitude. Ils arrivèrent au sommet complètement épuisés. Le sommet de la terre pouvait être atteint sans apport d'oxygène.

Les expéditions commerciales

Puis commençe la période des expéditions « commerciales » pilotées par des guides professionnels conduisant au sommet des alpinistes-amateurs plus ou moins bien préparés pour une somme variant entre 50 000 et 75 000 $US. De telles équipes étaient à l'oeuvre sur la montagne les 10 et 11 mai 1996, lorsque la tempête frappa. Malgré des tentes équipées d'ordinateurs, d'imprimantes et de télécopieurs au camp de base, et en dépit des tentatives des Sherpas pour porter secours aux grimpeurs bloqués dans la montagne, rien n'a pu empêcher le drame. Huit morts en l'espace d'une journée et d'une nuit interminable pour ceux qui sont restés coincés dans la tourmente. Malgré les risques, ce genre d'expédition demeure fort populaire.

Les héros effacés

Les nombreux récits d'expéditions sur l'Everest témoignent abondamment de la force, de la bravoure, de la détermination, du dévouement et de la loyauté des Sherpas sur cette montagne. Le peuple sherpa est étroitement associé à l'histoire de l'Everest. Ce sont les Sherpas qui, à chaque année, escaladent la montagne pour installer les camps et les cordes fixes qui guident les alpinistes vers le sommet. Ils installent les échelles qui servent de ponts pour franchir les crevasses sur le glacier. Ils acheminent le matériel des alpinistes de camp en camp, traversant à de nombreuses reprises la dangereuse cascade de glace. Exerçant pour la plupart des rôles effacés, mais non moins importants, ils sont peut-être les plus grands héros de l'Everest. Loyaux envers ceux qui les emploient, ils ont la réputation de ne jamais hésiter à porter secours aux grimpeurs en danger, même au risque de leur vie. Les Sherpas ont payé un lourd tribut à l'Everest. Ils comptent pour le tiers des décès survenus sur la montagne.

Babu Chhiri Sherpa

L'Everest... un défi extrême

Les chapitres qui s'ajoutent à chaque année à l'histoire de l'Everest ne démontrent-ils pas que la montagne demeure fondamentalement invaincue ? Que tous ceux et celles qui s'y aventurent n'y vivent qu'en sursis et sont soumis à ses moindres caprices. Traverser le death zone, c'est affronter la mort. Non seulement à cause des dangers dûs aux avalanches, au froid, aux crevasses mais surtout parce que l'organisme n'est plus en mesure de s'adapter à la raréfaction de l'oxygène. Les processus vitaux commencent à dépérir et la mort n'est plus qu'une question de temps désormais. L'Everest présente, dans ces conditions, un défi extrême à ceux qui tentent son sommet. Confrontés à l'effort, à la difficulté, à la fatigue et à la peur dans cette zone de mort, les attitudes et comportements des uns et des autres au cours de cette expérience risquée semblent à la mesure de la montagne. Les écrits des historiens de l'Everest illustrent fort bien qu'à l'instar de l'Histoire elle-même, l'histoire de l'Everest révèle la nature humaine dans ce qu'elle a de meilleur et de plus noble tout autant que de plus malheureux et de plus désolant.

Ascension de l'Everest
Sauvetage sur l'Everest : une question éthique

 


Records sur l'Everest

Après l'exploit d'Hillary et de Norgay, le plus haut sommet du monde attira de nombreux alpinistes intéressés à y faire leur marque. Commence la ronde des premières et des records :

Junko Tabei (Japon) :
   première femme à atteidre le sommet;
Reinhold Messner (Italie) :
   premier sommet en solitaire;
L.Clichy et K.Wielicki (Pologne) :
   première hivernale ;
Babu Chhiri Sherpa (Népal) :
   temps le plus long passé au sommet (21    heures);
Apa Sherpa (Népal) :
   plus grand nombre de sommets (16 fois);
Mingkipa Sherpa (Népal) :
   personne la plus jeune (15 ans);
takao arayama (Japon) :
   personne la plus âgée (70 ans); non    encore confirmé; record détenu    auparavant par Yuichiro Miura.

Viennent aussi les premières descentes à ski, en parapente, en planche à neige, la première personne handicapée, le premier couple, les premiers frères et la liste s'allonge en même temps que la dissolution des critères permettant l'établissement d'une première ou d'un record.

 

Succès et décès sur l'Everest

En 2002, le nombre de personnes ayant atteint le sommet s'établissait à 1 564 tandis que le nombre de personnes y ayant trouvé la mort atteignait 175, dont 56 Sherpas. On estime à environ 120, le nombre de dépouilles restées sur la montagne.

File d'attente au sommet !
En 2001, 182 personnes réussissaient le sommet, dont 89 (un record) durant la journée du 21 mai. Les pionniers de l'Everest auraient-ils pu imaginer qu'on finirait par se bousculer au sommet !

Le côté sombre de l'Everest
L'année 1996, occupe aussi une place dans le livre des records, beaucoup moins glorieuse celle-là, puisqu'elle fut la plus meurtrière. Quinze personnes ont péri sur la montagne dont huit au même moment alors qu'une tempête subite surprit trois équipes près du sommet. La montagne ne fit aucune discrimination. Des alpinistes-amateurs et des guides professionnels expérimentés, dont Rob Hall et Scott Fischer, périrent sur la montagne pendant que l'équipe d'Imax, installée au camp de base, préparait son ascension pour le tournage du film EVEREST. Ce film ainsi que l'excellent livre « Tragédie à l'Everest » de Jon Krakauer, un journaliste sportif qui se trouvait au coeur de la tempête, relatent cette journée dramatique sur l'Everest. Un témoignage bouleversant.

 

Plus haut dépotoir du monde

On a dit de l'Everest qu'il abritait le plus haut dépotoir du monde. Entre 1953 et 1995, 50 tonnes de déchets de plastique, de verre et de métal ont été laissées sur place par des alpinistes bien peu respectueux de l'environnement. Le col sud était, dit-on, un véritable cimetière de bouteilles à oxygène et le camp II, une décharge de barils de fuel.

Signes encourageants

De nombreuses campagnes ont été mises en oeuvre tant par des groupes privés que des organismes locaux et gouvernementaux afin de nettoyer l'Everest. Le Gouvernement du Népal retient 4 000 $US sur le coût du permis d'escalade, somme qu'il rembourse lorsque les équipes d'alpinistes ramènent leurs déchets. Une organisation d'alpinistes népalais offrent 1 000 roupies (20 $US) pour chaque kilo de déchets ramené par les cordées. Ainsi, plusieurs sources confirment que le mont Everest sera bientôt propre à nouveau.

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