Aucune
région ne se suffisant à elle-même, quel que
soit le mode de vie qui la caractérise, le commerce est
pratiqué à haute échelle partout. Il permet
aux uns d'écouler leurs surplus et aux autres de s'approvisionner
en denrées rares. Des caravanes de yaks et de mulets chargés
de sacs lourds empruntent les vieilles pistes caravanières
pour faire commerce. Ainsi, la laine et le sel tibétains
sont échangés contre des céréales et
des épices népalaises et indiennes. Jadis pratiqué sur
une haute échelle, le commerce caravanier a
toutefois diminué depuis l'annexion du Tibet par la Chine
(1959) et l'ouverture du Karakoram Highway qui relie le Pakistan à la
Chine (1988).
Niveau de vie
Les
populations de l'Himalaya disposent d'un niveau de vie très bas.
Le Népal et le Tibet se situent parmi les pays les
plus pauvres du monde. Le revenu annuel moyen d'une famille au
Népal
est inférieur à 1 000 $ US. Certains
auteurs l'estiment même à moins de 500 $ US.
Le Ladakh et le Sikkim font partie des états les moins développés
de l'Inde. L'éducation et les soins de santé ne sont
pas accessibles à tous, notamment dans le haut Himalaya,
en raison de la rareté des écoles et des hôpitaux.
Certains dispensaires
n'offrent pas de services à cause
du manque de personnel ou de médicaments. Plusieurs écoles sont
peu fréquentées parce que les enfants doivent participer aux tâches
domestiques, les parents ne parvenant pas à y arriver seuls.
Nouveaux métiers
L'accroissement
du tourisme d'aventure au cours des dernières décennies (expéditions
de trekking, expéditions
alpines sur les hauts sommets)
a provoqué dans plusieurs régions himalayennes, un engouement pour
les métiers
de la montagne. Ces nouveaux métiers attirent particulièrement
les jeunes gens et permettent à plusieurs de demeurer dans leur
région plutôt que d'immigrer à la ville pour occuper des emplois
peu rémunérés. Le tourisme
a donc contribué au
développement de certaines communautés mais a eu
des effets beaucoup moins bénéfiques
sur la culture des autochtones et l'environnement (voir la
section Népal).
Urbanisation
En
raison de son relief, l'himalaya n'est pas une zone propice au
développement urbain. Les conditions plus hospitalières
du Moyen Himalaya ont néanmoins favorisé l'émergence
de quelques centres urbains importants : Katmandou au Népal, Srinagar
au Cachemire, Darjeeling
au Bengale et Shimla en Himachal Pradesh.
Àl'exception
des habitants des centres urbains d'importance, les populations de
l'Himalaya sont essentiellement agropastorales. Agriculture
intensive dans les basses terres,
culture en terrasse en moyenne altitude, pastoralisme combiné à
une agriculture de subsistance en haute altitude et nomadisme
sur
les hauts plateaux constituent sur toute la superficie de la chaîne
autant de modes de vie qui ont permis à l'homme de s'adapter à ce
milieu difficile et d'y vivre.
Basses
terres
Dans
les basses terres du Népal (Teraï), du Bhoutan (Duars)
et du Sikkim, dans les vallées du Cachemire, de Kangra et
de Chamda en Inde, on pratique l'agriculture intensive du riz,
du blé, de la canne à sucre de même que la
culture de plusieurs variétés d'arbres fruitiers :
abricotiers, pommiers, amandiers, châtaigniers.
Moyen
Himalaya
Dans
les moyennes montagnes du Népal, du Sikkim, du Bhoutan et
dans les vallées tempérées du Ladakh (Nubra,
Shyok), on pratique la culture en terrasses en étageant
le flanc des montagnes pour y faire pousser du riz, du maïs,
de l'orge, du blé, du sarrasin et des pommes de terre. En
Himalaya occidental, les Gudjars du Cachemire de même que
les Gaddis du Dhauladhar pratiquent la transhumance saisonnière
avec leurs troupeaux de chèvres et de moutons. Dans les
vallées du Yarlung Tsangpo (Brahmapoutre) au Tibet, les rongpas (agriculteurs
sédentaires des vallées) pratiquent une agriculture
de subsistance en y faisant pousser quelques variétés
de céréales nordiques et de légumes. Cultures étagées à Gul
Bhanjyang-Népal
Haut
Himalaya
Dans
les plus hautes vallées du Sikkim, du Bhoutan, du Ladakh,
du Népal et de l'Himachal Pradesh, la culture en terrasses
n'est plus possible : les pentes sont trop escarpées
et le climat trop froid. Les populations pratiquent l'élevage
de la chèvre, du mouton et, en très haute altitude,
celui du yak en combinaison avec une agriculture de subsistance.
On y cultive le fond des vallées pour y faire pousser de
l'orge, du sarrasin et surtout des pomme de terre. Des populations
semi-nomades y pratiquent aussi la transhumance saisonnière.
Haut
plateau tibétain
Le
haut plateau tibétain situé à une altitude
moyenne de 4 000 mètres environ, est le domaine des drokpas (brogpas). Pa est
le terme tibétain pour désigner peuple tandis que drok signifie
solitude, espace vide. Du
fait de la rigueur du climat, plusieurs
régions
en haute altitude ne permettent pas aux populations de s'établir
sur des terres se limitant à quelques hectares. Elles doivent
donc se déplacer avec leurs troupeaux de moutons, de chèvres
ou de yaks sur les grandes steppes herbeuses, à la
recherche de pâturage d'altitude, emportant avec elles tout
ce qu'elles possèdent. Hauts
pâturages à Namtso-Tibet
Sur le haut plateau tibétain,
au Rupshu (Inde), dans le Kham et au Changtang (Tibet), les drokpas,
ces nomades de haute montagne, s'abritent sous des tentes en
poils de yaks et alimentent leurs feux avec la bouse de cet animal,
qui
leur fournit également la viande, le lait, la laine et
le cuir à la base de leur mode de subsistance. Leurs longues
marches sont ponctuées d'arrêts à proximité des
bazars où ils vendent leurs excédents pour acheter
du riz et d'autres céréales.